Mordre au travers Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Virginie Despentes - Librio
 
Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes la petite baffe que nous avions ramassée en lisant Baise-moi et les Chiennes Savantes de Virginie Despentes. Mordre au travers est un recueil de nouvelles toutes aussi décapantes. Le recours à la crudité de l'expression est plus mesuré, l'intention de destabilisation est manifestement moins grande : l'humanité et le désespoir des situations en sort considérablement renforcé, ou du moins plus marquant. La nouvelle intitulée Balade est simple, toute simple : vous ne pourrez pas la lire sans être pris aux tripes, à moins d'être un jeune madeliniste. Virginie (j'ai envie de l'appeler par son prénom, comment faire autrement ?) sait parfaitement la détresse, le sexe, l'égoïsme naturel et la saleté qui nous pourrit la tête. Elle les connaît, et les fait apparaître sans fioritures ; la ville est le théâtre de cette crasse exposée. Ne vous y trompez pas : les plus crasseux sont souvent les plus propres d'apparence, et soyez persuadés qu'il n'y a aucun simplisme dans la manière dont Virginie Despentes expose tout cela. Simple, sincère et littéralement vrai, Virginie explose tous les à peu près qui masquent toujours à un moment ou à un autre la vérite dans n'importe quel texte. Une sorte d'anti-Babar absolu.
 
PmM
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