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Dévoiler
la fin d'un roman policier est une pratique difficilement justifiable
aux yeux des lecteurs. Pourtant, le roman Tirana Blues de
Fatos Kongoli remet en question l'idée même de fin du
roman policier et il est difficile d'en vanter la qualité sans
dévoiler ce qui par nature est indévoilable.
Alors disons que dans une Albanie sans espoir, à laquelle personne
en Europe ne s'intéresse si ce n'est pour déplorer l'émigration
massive de ses ressortissants vers les autres pays, les enquêtes
policières ne se terminent pas par des happy ends. Rappelant
quelquefois les aventures mexicaines d'Héctor Belascoarán
Shayne écrites par Paco Ignacio Taibo II (et dont vous trouverez
là une critique), par cette impression d'une lutte perdue
d'avance contre la corruption, Tirana Blues laisse le goût
amer d'un livre sans illusion.
Peut-être aurons-nous prochainement la chance d'avoir un Carnet
de route sur l'Albanie ; en attendant, je ne peux que vous inviter
à découvrir ce texte entêtant, où tout
s'emmêle : l'amour, le mystère, la politique et la vie
même, et où l'on sait d'avance que tout finira mal. |
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| EM |
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