Quinzinzinzili Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Régis Messac - Arbre Vengeur
 
Oh le bel ovni littéraire... Publié en 1935, Quinzinzinzili parle de la fin du monde alors même que l'apocalypse nucléaire n'est pas encore au goût du jour. Mais l'on s'aperçoit avec effroi que les écrivains de l'époque n'étaient pas en reste et avaient déjà une idée de l'horreur qui se profilait devant eux. Avec le temps et le passage de la guerre froide, la vision d'une fin du monde est devenue beaucoup plus qu'une hypothèse de roman. Je me souviens du temps où l'on avait peur de l'apocalypse, nucléaire ou autre. Pour moi qui ai été marqué par Malevil de Robert Merle, cette angoisse de la fin militarisée du monde est bien réelle. Elle l'était quand, plus jeune, j'apprenais les équilibres instables de la guerre froide, même si je suis en fait trop jeune pour que le risque ait été réel. Mais cette peur a un sens qui rend Quinzinzinzili poignant. Pour des plus jeunes, cela aurait-il le même impact ? Je ne sais pas. La peur des bombes est-elle toujours la même ?

Dans ce monde détruit, Régis Messac met en scène un adulte survivant et un groupe d'enfants qui vont réinventer un système social. La vision est extrêmement pessimiste, l'adulte n'est là qu'en tant que témoin et les enfants réinventent en miniature le monde qu'ils viennent de laisser, l'humanité en moins. Pourquoi "Quinzinzinzili" ? Il faut le découvrir dans le livre, même si cela le date un peu. En dehors de ce point curieux, l'ouvrage garde sa force et, hélas, son intemporalité.

 
PmM
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