| Avec Ephraïm
Kishon, on touche au génie de l'humour juif. Je me souviens
des premiers livres de lui que j'ai découverts, après
m'être immergé dans les méandres tortueux des
vaticinations de Woody Allen, comme autant de plaisirs à
constater que l'idole new-yorkaise n'était pas un prototype
unique et que d'autres auteurs maniaient avec acidité la
satire des comportements quotidiens et des travers humains. Je me
rappelle aussi que cette proximité de thème entre
les deux auteurs m'avait presque persuadé qu'un humour "juif"
existait réellement, avant de comprendre au bout de quelques
années (avec les Monthy Python notamment) que l'emprise d'une
culture donnée sur l'humour n'étaient qu'empreintes
liées aux temps et aux lieux, et que les péripéties
d'un héros juif racontées par Kishon seraient les
mêmes à Shangaï racontées par un humoriste
chinois, aux ressorts comiques et culturels près.
Donc Kishon est drôle, très drôle. Indescriptiblement
drôle, de cet humour subtil jaillissant au coin d'une phrase,
d'une situation, d'un mot, d'un contre-emploi volontaire des personnages
et des histoires. Le genre d'humour que vous ne voyez pas venir,
commençant par des histoires légères pour finir
en grinçant par des parodies extrêmes où le
non-sens côtoie la plus absurde des réalités.
Les livres de Kishon sont assez difficiles à trouver hors
des bibliothèques publiques. Une raison de plus de se rendre
à la vôtre pour en dénicher un. |