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de Iain Banks - Belfond
 
Dans notre dernier numéro, je vous parlais des risques à émettre une quelconque critique au sein de la rédaction de KaFkaïens sur les livres de Iain Banks : parmi nous, certains sont prêts à mordre pour défendre cet auteur, et je dois avouer que j'en fait partie. Je n'avais jamais lu de romans "classiques" de Banks, uniquement ses œuvres de SF (vous savez qu'il signe Iain M. Banks pour ses livres de SF et Iain Banks tout court pour le reste) si l'on excepte Entrefer, qui reste tout de même un roman fantastique. J'étais curieux de lire Le Business pour voir Banks à l'œuvre dans un contexte plus réaliste, d'autant plus que la 4ème de couverture évoque plus Sulitzer qu'autre chose : monde de la finance internationale, une femme belle, intelligente et prête à tout pour réussir prise dans une machination au sein de sa tentaculaire entreprise, machination qui comporte outre des transactions boursières louches, l'achat d'un pays par cette même entreprise (dont les dirigeants rêvent d'un fauteuil à l'ONU…), le pays en question était gouverné par un roi amoureux de la femme en question. Ouf !… Comme moi, vous vous dites, alors là, avec une trame aussi nunuche, Banks va sans doute exploser la baraque. Et bien, à mon grand regret, pas du tout. C'est même limite nul. Tout se passe exactement comme cela doit se passer : l'héroïne sauve le petit pays sous-développé dont elle est tombée amoureuse parce que, même s'ils n'ont pas l'eau chaude, ses habitants sont des vrais gens, pas comme les riches financiers, et finit par épouser le roi pour guider le pays en question vers la modernité et la démocratie, ah non, pardon, pas la démocratie.
Je suis prêt ici à dire combien j'aime les livres de Banks, mais celui-ci… convenu, parfois limite grotesque, idéaliste dans tout ce que ce terme peut parfois comporter de nocif pour la littérature, à savoir les bons sentiments utilisés comme style même au second degré… Certes, ça se lit, c'est quelquefois drôle, et souvent amusant, mais quant on aime Banks, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est sacrément déçu…

 
EM
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