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Quelques jours
avant de mourir, l'assistant du personnage central (marchand d'art
dont l'affaire périclite) le met sur la piste de pièces
très rares enfouies dans les cales d'un navire échoué
sur la banquise depuis 40 ans. Il part en expédition, et
finit par ramener le trésor. Le soir même, quelqu'un
pénètre dans l'atelier et le lui dérobe.
Très rapidement, la police localise le coupable. Pour des
raisons qui ne vont pas tarder à apparaître, l'inspecteur
chargé de l'enquête lance le personnage central sur
ses traces. Une surprise attend en effet ce dernier. Il revient
avec le trésor, en tire beaucoup d'argent. Sa vie change
: appartement somptueux, vêtements élégants,
nouvelle femme. Mais change-t-elle vraiment ?
Faire un résumé
de Je m'en vais est sans doute la pire façon d'en
parler. L'histoire est cohérente et pourrait servir de synopsis
à beaucoup de films d'action. Les personnages sont des gens
ordinaires vivant chacun un peu enfermés dans leur milieu
professionnel. Leur base de communication est souvent étroite.
Ainsi l'expédition dans le Grand Nord est décrite
par le prisme d'un parisien d'une cinquantaine d'années n'ayant
que peu de goût et d'expérience pour l'aventure. Ce
même parisien finit par entretenir avec le jeune enquêteur
une relation plutôt taciturne quoique pleine d'estime réciproque.
Les personnages d'Echenoz sont condamnés à cette solitude
qui est notre lot à tous. Jamais pourtant le livre ne verse
dans le pathos. Tout le talent d'Echenoz tient dans la distance
qu'il parvient à mettre dans son écriture. Restant
prudemment à côté de son histoire et de ses
personnages, se permettant parfois une intervention critique ("Il
faut bien dire ce qui est : Baumgartner m'ennuie"), il joue
avec son livre. Il se refuse à l'introspection, préférant
une écriture plus objective. Elle n'est pas neutre pour autant.
Echenoz manie l'ironie avec une gaîté légère
qui n'est pas sans rappeler celle des meilleurs ouvrages d'Amélie
Nothomb. Il s'est choisi la position d'un auteur-narrateur qui serait
omnipotent, mais pas omniscient. Ceci lui offre une liberté
dont il use avec parcimonie, mais toujours en s'amusant. C'est tant
mieux pour moi. Ce plaisir d'écrire, absent de tant de romans
français dont je viens de terminer la lecture (voir la Pile
de Bouquins pour plus de détails) produit de véritables
pépites qui me consolent de bien des désappointements.
A croire qu'en littérature, l'or ne se cache pas dans le
sable, mais dans la merde. Et plus celle-ci est profonde, plus précieuses
sont les pépites.
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