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Voici un recueil
de poésie scientifique. Poésie scientifique ?
La poésie
est partout. En tant que perception subjective d'une beauté
dans le monde brut, la poésie se trouve partout. Encore faut-il
l'inventer : projeter la beauté sur la matière inerte,
n'est-ce pas le fondement de l'art ? Toute activité humaine
recèle une poésie qui peut être mise à
jour. Ou plutôt : toute activité humaine, dans sa plus
humble fonction ou servitude, peut être magnifiée,
explorée, décrite par la poésie qui nous fait
re-sentir plutôt que de décrire. Pourquoi en serait-il
différemment cette activité humaine qu'est la physique,
la science en général ?
Comme tout bon scientifique, je me suis enthousiasmé pour
les beautés cachées des théories (pas les beautés
cachées du monde : le monde en lui-même n'existe pas,
seul son explication a une existence au sens humain), pour l'harmonie
qu'elles peuvent recéler. Je me suis aussi extasié
d'arriver à comprendre (à ma modeste échelle)
: suivre les traces théoriques d'un géant de la physique,
progresser pas à pas, et découvrir un principe qui
entre en harmonie avec l'ensemble des autres connaissances que l'on
a acquises procure une joie intense, mêlée d'un sentiment
de triomphe sur soi-même (ainsi certaines limites sont infranchissables,
ne me parlez pas des espaces de Sobolev).
Alexandre Wajnberg
nous fait ressentir cela : dans ce cosmos qui nous dépasse,
la science moderne fait la courte échelle à une vision
poétique. S'étonner devant les paradoxes de la vision
du soleil (Qu'est-ce que la vision ? Des photons égarés)
ou comprendre les couleurs du monde : l'activité scientifique
est en elle-même une source d'étonnement et d'admiration,
et produit une image du monde qui est à notre image. Humaine.
Et c'est cela que l'auteur s'attache à nous faire ressentir.
Cette beauté et cette plénitude qu'il a rencontrées
dans le secret de son observatoire, et que l'on peut pressentir
quand on lève au soir les yeux vers le ciel immense.
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