8 minutes, 19 secondes Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
d'Alexandre Wajnberg - Les impression nouvelles
 

Voici un recueil de poésie scientifique. Poésie scientifique ?

La poésie est partout. En tant que perception subjective d'une beauté dans le monde brut, la poésie se trouve partout. Encore faut-il l'inventer : projeter la beauté sur la matière inerte, n'est-ce pas le fondement de l'art ? Toute activité humaine recèle une poésie qui peut être mise à jour. Ou plutôt : toute activité humaine, dans sa plus humble fonction ou servitude, peut être magnifiée, explorée, décrite par la poésie qui nous fait re-sentir plutôt que de décrire. Pourquoi en serait-il différemment cette activité humaine qu'est la physique, la science en général ?
Comme tout bon scientifique, je me suis enthousiasmé pour les beautés cachées des théories (pas les beautés cachées du monde : le monde en lui-même n'existe pas, seul son explication a une existence au sens humain), pour l'harmonie qu'elles peuvent recéler. Je me suis aussi extasié d'arriver à comprendre (à ma modeste échelle) : suivre les traces théoriques d'un géant de la physique, progresser pas à pas, et découvrir un principe qui entre en harmonie avec l'ensemble des autres connaissances que l'on a acquises procure une joie intense, mêlée d'un sentiment de triomphe sur soi-même (ainsi certaines limites sont infranchissables, ne me parlez pas des espaces de Sobolev).

Alexandre Wajnberg nous fait ressentir cela : dans ce cosmos qui nous dépasse, la science moderne fait la courte échelle à une vision poétique. S'étonner devant les paradoxes de la vision du soleil (Qu'est-ce que la vision ? Des photons égarés) ou comprendre les couleurs du monde : l'activité scientifique est en elle-même une source d'étonnement et d'admiration, et produit une image du monde qui est à notre image. Humaine. Et c'est cela que l'auteur s'attache à nous faire ressentir. Cette beauté et cette plénitude qu'il a rencontrées dans le secret de son observatoire, et que l'on peut pressentir quand on lève au soir les yeux vers le ciel immense.

 
PmM
Oh Oui ! vos réactions Ah Non !
Voir les autres textes de cet auteur - Envoyer ce texte à un ami
KaFkaïens Magazine - Tous droits réservés