De prime nous
pensons à toutes ces fractures
A cette liste anxieuse des douleurs majuscules
A cette course au mal, partie des clavicules
Qui sachève en beauté vers le col du fémur
Fontanelles
fragiles et cubitus fêlés
Coccyx en mille miettes et tibia-péroné
Tendons flottant au vent des genoux explosés
Et tartare de nez, et cotes lâminées
Cest le
grand toboggan, la débâcle infernale
Nos pauvres ossements si fragiles aux chocs
Nos tristes protections corporelles en toc
Notre chair qui nexiste que dans laffre du mal
Elle nous fait
si peur cette fracture honnie
Par ce quelle nous annonce linéluctable fin
Linévitable issue, la descente, le déclin
Marqués dans notre corps, marqués dans nos esprits
Et tombe sur
la tapis la sentence de mort
Et surgit la menace qui nous frissonner
Cette fracture fait peur, et pourquoi se priver
Den tirer sans vergogne lutile métaphore
Voilà
les dépendeurs qui sagitent dun coup
Dun coté les nantis de lautre les exclus
Entre les deux béant ce fossé rebattu
Cette fracture ouverte sortie lon ne sait doù
Au dessus de
laquelle comme une incantation
Un chapelet obscène de cris et de promesses
Passent aux élections, et disparaissent
Sitôt les gros culs lourds carrés à Matignon
Elle nous fait
peur aussi quand elle est numérique
Que de vaines paroles et de discours abscons !
A croire que ces messieurs veulent amuser les cons
Au chaud dans le giron doré de la République.
Au diable les
discours usant notre confiance
La fracture sociale, la seule véritable
Devrait être de briser sur le coin dune table
Les bras de ces messieurs emplis de suffisance
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