Col du fémur Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
De prime nous pensons à toutes ces fractures
A cette liste anxieuse des douleurs majuscules
A cette course au mal, partie des clavicules
Qui s’achève en beauté vers le col du fémur

Fontanelles fragiles et cubitus fêlés
Coccyx en mille miettes et tibia-péroné
Tendons flottant au vent des genoux explosés
Et tartare de nez, et cotes lâminées

C’est le grand toboggan, la débâcle infernale
Nos pauvres ossements si fragiles aux chocs
Nos tristes protections corporelles en toc
Notre chair qui n’existe que dans l’affre du mal

Elle nous fait si peur cette fracture honnie
Par ce qu’elle nous annonce l’inéluctable fin
L’inévitable issue, la descente, le déclin
Marqués dans notre corps, marqués dans nos esprits

Et tombe sur la tapis la sentence de mort
Et surgit la menace qui nous frissonner
Cette fracture fait peur, et pourquoi se priver
D’en tirer sans vergogne l’utile métaphore

Voilà les dépendeurs qui s’agitent d’un coup
D’un coté les nantis de l’autre les exclus
Entre les deux béant ce fossé rebattu
Cette fracture ouverte sortie l’on ne sait d’où

Au dessus de laquelle comme une incantation
Un chapelet obscène de cris et de promesses
Passent aux élections, et disparaissent
Sitôt les gros culs lourds carrés à Matignon

Elle nous fait peur aussi quand elle est numérique
Que de vaines paroles et de discours abscons !
A croire que ces messieurs veulent amuser les cons
Au chaud dans le giron doré de la République.

Au diable les discours usant notre confiance
La fracture sociale, la seule véritable
Devrait être de briser sur le coin d’une table
Les bras de ces messieurs emplis de suffisance

 
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