Le Corps du Prophète Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

J'ai vu la terre peuplée de lacs d'ombre.
J'ai vu le soleil s'épancher goutte à goutte et empoisonner les cieux.
Que nous reste t-il ? Que nous reste t-il ?
La douleur et la mort.

 

Car tu n'es pas celui que les anges attendent. De toi nous ne savons que ton bras gauche qui se tend vers la foule comme pour la supplier de t'écouter et dont la musculature sans relief n'a pas la force de rassembler les hommes qui t'écoutent.
Ta main est sans nul doute trop petite pour contenir la vérité que tu cherches à semer, et nous ne savons de toi, encore une fois, que ce manque évident dans la puissance de ton bras.

 
Il te manque définitivement la puissance du torse, celle qui permet d'écarter les bras pour rassembler un peuple ou écarter les flots d'une mer déchaînée.
C'est ta largeur d'épaule qui fait défaut à ta tâche. Il n'existe chez toi aucune preuve d'une carrure à porter des étoiles. Il n'est donc pas de chance que tu puisses en amener une jusqu'à Terre.
 
Il te faudrait une aile, une envergure, quelque chose qui ressemble à de la portance et qui puisse te permettre d'exister. Mais, et cela nous ne le savons que trop bien, tu es dépourvu de toute possibilité de prendre ton envol ni même de fermer les bras pour serrer contre ta poitrine le verbe que tu portes.
 
 
 
Il est temps qu'à notre tour, nous te proposions de l'aide.
 
 
EM - Photos BK
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