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Debout devant la porte
t'attendent sur le marbre patient
des valises en cuir sec.
Pleines de nous deux: de non-dits- trop dits- mal dits.
De tes chemises amidonnées, réfléchies, bien pliées.

Ah, que tous ces faux pas qui se répètent alourdissent ma marche!

Aboutissant à une tapisserie grise
parsemée de partout de rectangles blancs variables
à la place de tes tableaux.
Des coups de pistolet en rectangles
tapisserie neuve comme au moment du premier baiser
vidée de tout son sens .

Et cet appartement
un espace soudain trop grand pour moi
trop petit pour toi
trop étroit pour contenir cet encore soudain désespoir.

Dans ton regard perdu, gêné, coupable
se fraie l'envie de trouver les mots
un mot
produisant l'impossible
nous réunir un instant dans une étreinte amnésique.

L'idée que cette passion
passade passée
finie, dévorée
puisse revivre,
nous saisit et nous dessaisit
comme l' interrupteur de la lumière.

Je vois tes objets, mes objets, nos objets
entassés,
confus,
inanimés,
animés autrefois de nos désirs
fossiles déjà introuvables de notre histoire.
Ou monnaie de marchandage pour réduire à néant ton sourire.

Et voilà que l'escalier
se met à résonner de tes pas
mais dans le mauvais sens.
Ils ricochent contre le rocher de la fatalité.

Alors les souvenirs se mettent à me coller désagréablement à la peau
comme un habit trempé de pluie
dans le froid d'un hiver glacial.

Tu t'en vas?
Avec toi,
s'il te plaît,
emporte aussi mes rêves d'enfant solitaire.

 
 
DC
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