|
Internet a souvent
été présenté, notamment dans les argumentations
commerciales, comme une bibliothèque universelle qui permettrait
d'accéder simplement à tout type de savoir. Si vous
avez déjà cherché une information donnée
sur le réseau avec les outils du grand public, vous savez
que c'est faux.
Sur Internet,
les savoirs ne sont pas égaux : sur-représentation
des uns, absence des autres, absence d'index et de catalogue, nous
sommes loin d'une vraie bibliothèque, d'autant plus que la
divulgation du savoir n'est pas nécessairement souhaitée
par ceux qui alimentent le réseau. Quels qu'ils soient, les
savoirs sont souvent incomplets, tronqués, voire falsifiés
.
Les moyens les
plus connus d'accéder à l'information, objet d'une
guerre commerciale sans merci, sont de moins en moins fiables, d'une
part parce qu'ils atteignent leurs limites techniques et ne peuvent
plus rendre compte de l'ensemble de l'information, et d'autre part
parce qu'ils sont saturés à dessein d'informations
parasites. Ils dessinent in fine une image d'Internet très
éloignée de l'outil idéal, objet de toutes
les promesses .
Or pour les
nouveaux internautes, cette image déformée est la
première perçue, et leur pratique d'internet s'en
trouve biaisée. En agissant sur cette image, c'est à
dire sur les moyens d'accès à l'information, l'on
pourrait encore changer cet état de fait. Mais cela est-il
possible dans cet univers hautement emblématique du libéralisme
qu'est devenu Internet ? 
Redonner une
crédibilité aux portails en redéfinissant les
acteurs qui les animent, définir des sous-réseaux
thématiques,... de nombreuses solutions existent pourtant.
Elles sont largement utilisées par les internautes chevronnés
et par les créateurs de sites pour lesquels Internet a encore
un sens dépourvu de toute dimension commerciale .
Face à
la machine de guerre commerciale qui modifie le visage d'Internet,
la communauté des internautes fondateurs est impuissante,
même si elle ne veut pas le reconnaître. Face à
cette machine inhumaine engendrée par le processus de mondialisation
qu'elle illustre parfaitement, c'est au pouvoir politique de réagir
.
|