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Ca y est,
la date fatidique de votre annniversaire approche. Les couloirs
de votre maison bruissent d'affectueux complots. Vous surprenez
quelquefois, en ouvrant une porte à l'improviste, un agitation
de papier multicolore subitement dissimulée par les membres
de votre famille.
Enfin, le grand jour est arrivé ! Ils sont venus, ils sont
tous là : la tante Jeanine, le cousin Maurice et l'inénarrable
oncle Albert.Voici une compilation de nos plus beaux anniversaires
et de leurs fabuleux présents, voici les cadeaux que vous
aurez l'an prochain...
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| La
parure de bureau |
| Ah délicieuse
tante Jeanine, c'est elle qui vous tend un paquet cartonné
hâtivement emballé. Merveille ! C'est une parure de bureau
qui comporte dans un magnifique présentoir en feutrine rouge
: un splendide plumier agrémenté de sa fausse plume-stylobille,
un sous-main en skaï bordeaux rehaussé d'arabesques, un
coupe-papier en fer blanc de Tolède fiché dans un presse-papier
en métal doré affichant sobrement la mention "PDG". |
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| Le
mako-moulage |
| C'est la très
gentille quoiqu'un peu gâteuse grand-mère Léontine
qui vous tend avec un grand sourire un paquet enrubanné dans
lequel vous savez déjà qu'il y a, outre une gentille
carte avec des châtons, un magnifique mako-moulage tout neuf,
avec son plâtre qui colle et ses modèles à vomir,
avec ses couleurs criardes et sa foutue tétine en caoutchouc
que l'on n'arrive jamais à enlever. Franchement, vous allez
vous régaler. C'est juste dommage que vous ayiez 30 ans. |
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| Le
pull angora violet |
| Le regard malicieux
de la grande-cousine Léonce (l'état-civil n'a pas encore
enregistré son changement de sexe) s'est illuminée à
la vue du beau cadeau qu'elle vous a offert. Mon dieu ! Quel beau
pull ! Comme l'angora est doux, soyeux et furieusement ébouriffé
! Comme cette couleur violette episcopale est seyante ! Et vous, aterré,
vous constatez que le seul endroit où avez une chance d'avoir
du succès avec ce pull, c'est un bal masqué de chats
homosexuels. |
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| L'intégrale
d'André Rieu (ou de Richard Clayderman) |
| Ah la cousine
Berthe ! Ses grands yeux vous ont fait frémir, aux temps bénis
de vos émois adolescents. Et aussi un peu ses gros nichons,
faut être honnête. Elle, semblable à elle-même,
hurle à tue-tête à qui veut l'entendre en parlant
de l'intégrale d'André Rieu qu'elle vient de vous offrir
: "c'est si roooooomantique !". Vous, vous supputez déjà
le nom du groupe de techno-transe grunge du disque que vous échangerez
à la place de ce CD maudit. |
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| Le
préservatif sous verre |
| Ah ouiche ! Il
fallait bien que l'Oncle Albert fasse des siennes, et vous offre un
cadeau de bon goût. Avec un sinistre clignement d'oeil destiné
à affirmer la perpétuation d'un hypothétique
tradition d'amitié virile à laquelle jamais, au grand
jamais, vous ne souhaiteriez pourtant avoir affaire, il a brandi devant
vos proches hilares ce délicieux chef d'oeuvre : un préservatif
dans une petite boîte rouge, couverte d'une vitre, et portant
l'inscription "En cas d'urgence brisez la glace". Vous l'acceptez
pourtant, curieux mystère, avec de grands rires gras. |
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| Le
parchemin en faux-bois ciré |
| C'est le cousin
Maurice qui a pensé aux murs trop nus de votre tout nouveau
studio. La décoration, c'est une affaire sérieuse, et
un beau cadeau peut faire beaucoup ! Alors vous voilà l'heureux
possesseur d'un magnifique faux parchemin en faux-bois vraiment ciré,
sur lequel est pyrogravé l'inoubliable devise "Les belles
mères sont comme les étoiles, on les admire de loin.".
Réjouissez-vous, cela aurait pu être une assiette en
faïence affirmant "Les bons comptes font les bons amis". |
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| Le
slip éléphant |
| C'est le deuxième
cadeau de l'Oncle Albert, celui qu'il avait gardé pour la bonne
bouche, la fin du repas, la grande rigolade générale.
Sous les rires, les lazzis, les invitations à l'enfiler (le
cadeau, pas l'oncle), vous contemplez navré cet improbable
présent : un délicieux slip décoré d'une
tête d'éléphant et agrémenté d'une
trompe en tissu permettant de ranger l'ustensile principal de votre
service trois-pièces. Que faire dans ces circonstances ? Nous
nous posons toujours la question... |
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