Souvenirs d'enfance Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
à mon père
 
 

Le sang coule et se déverse
et je bois goulûment à la veine
La brebis devant moi, docile,
me regarde de ses yeux vitraux
aux reflets de la casbah.

Les tentes blanches se répandent au vent,
Les chevaux accourent ébridés,
un coup de fusil à l’unisson
la Fantasia
et le sable sous mes pieds se déploie.

Les femmes aux ailes noires,
corbeaux aux visages tatoués,
forment des cercles et roucoulent des cris perçants qui résonnent,
écho des siècles,
dans la vallée.

L’odeur du beignet frit
qui se troue d’un mouvement de poignet
et le sucre rebondit
pour se dissoudre lentement dans mon gosier.

Les turbans m’enroulent dans la farandole
des flûtes aux serpents enchantés,
les bouches s’ouvrent et éteignent
des feux, des épées.

La caravane ondule ses dunes chatoyantes
Des visages bleus s’effacent dans le mirage
derrière les arabesques des scarabées.
Les marbres entrelacés des voûtes mauresques
s’élèvent au son de prière de mille mosquées
et je pars,
entraînée par le vol cambré des hirondelles.

 
BS
 
 
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