Un Soleil bleu ? - l'Oedipe du Marin
 
Un Soleil Bleu ?
 
Lente procession sur la plaine incolore,
Les moissons de dépit sont liées sur les champs,
Entre deux larmes bleues je vois les paysans
Qui éventrent le sol de leurs socs indolores.

Les corbeaux encerclés rient en échappatoire,
Poursuivant les regrets qui s'efforcent sournois
De plier mes humeurs aux rigueurs de leurs lois
Comme épis sous le vent vers les collines noires.

Le chaume va brûler ; je sens l'odeur acide
Des essences perdues par les peines subtiles,
De l'âme évaporée en passions volatiles.

Il faudra bien l'enfer d'un incendie horrible
Pour attendrir le sol et chasser les vapeurs ;
J'attends le Soleil bleu qui séchera mes pleurs.

 
S.
 
*
 
L'Oedipe du Marin
 
J'ai violé la mer pliée sous moi comme une voile mouillée
Le sable humide comme le sexe d'une pieuvre
Les vagues me couvraient d'un linceul de varech
L'eau fuyante entre mes poings serrés.

J'ai tué l'océan à coup de galets ronds
Les poings tendus vers l'horizon
Les rouleaux affolés drapaient mon corps d'écume
L'eau mourante à mes pieds.

Le soleil sur l'eau immobile
Ma main crispée sur la barre
Et la voile à peine soulevée

Trop d'attente et le sel
Ont brûlé mes yeux,
L'humeur a ruisselée sur mes joues.

 
S.
 
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