Vers le Banquier vont nos prières...
 

Dans un monde éthéré de symboles abscons,
Le banquier d'un air grave s'amuse avec l'argent
Remplit et son devoir et ses obligations
Pour répondre dit-il aux besoins des clients.

Foutaises ! Le banquier ne vit que pour l'argent,
Comme une fin en soi, un de ces buts ultimes
Qui mènent au pinacle ; en francs, en centimes,
Il sait l'exact pouvoir qu'il a sur tous les gens.

Ces gens ectoplasmiques, un peu flous, incertains,
Qui s'agitent là-bas dans les brumes sonores
Du monde secondaire où réside son corps :
Le Banquier véritable est un extra-humain.

Donc il vit ailleurs et parfois nous contemple,
Son pouvoir infini est loué dans un temple.
Ses actions omniscientes font pleuvoir les fléaux
Ou nous comblent de grâces et d'effarants cadeaux

Qu'il puisse dispenser et la vie et la mort
Pour nous pauvres humains, il s'en faut de très peu ;
Il suspend notre vie à un petit tas d'or
Et décide pour nous. Est-ce un Dieu ?

Même pas.

Il n'est en vérité qu'un homme comme nous,
Pas pire, pas meilleur, compétent ou faillible,
Vénal, intéressé, ou bien incorruptible,
Avec un plan d'épargne et un ventre un peu mou.

Pourtant c'est le même être qui décide soudain
De ruiner un pays pour augmenter ses gains.
Du haut de ce pouvoir donné par les marchés
Il écrase nos coeurs de sa médiocrité.

 
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