De lourds nuages
noirs passaient devant la lune
Le pas des ouvriers pesaient sur l'herbe grasse
Déjà ils plaisantaient sur l'élégant costume
Du cadre libéral dont ils suivaient la trace.Autour de grandes ruines le
silence se fit
Les hommes avaient compris qu'ils étaient
arrivés
Pour son dernier combat le cadre avait choisi
Une fabrique ancienne et délocalisée.
Le chef des
ouvriers s'assit sur le gravier
Avant l'assaut final il songeait en lui-même
Aux amis prolétaires qui avaient succombé
Dans cette lutte contre la Bête du Système.
Tous les cols
bleus savaient que rien n'était gagné
Qu'on avait vu souvent les hommes les plus
capables
Décimés sans pitié par les cadres traqués
Qui vendaient cher leur peau et leur micro
portable.
C'est alors
qu'apparut sur le toit de l'usine
La silhouette grise du cadre top-niveau
Les ouvriers se ruèrent vers cette cible fine
Qui semblait menacer tous leurs acquis sociaux.
Et le combat dura
jusqu'au bout de la nuit
Le cadre libéral et les fiers ouvriers
Dans les ruines du temple, sur les
machines-outils
Laissèrent les indices de leur lutte acharnée.
Et le ciel du
matin salua la victoire
Des derniers survivants parmi les travailleurs
Le cadre avait cédé sous les coups de boutoir
Les héros fatigués auraient les trente-cinq
heures.
Derrière les
écrans de ses vitres fumées
En suivant la bataille et ses faits homériques
Le patron souriant dans son bureau blindé
Voyait venir le temps de l'Ordre Economique.
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