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| Ah, cher fauteuil, compagnon de nos lectures, c'est
à dire de nos sentiments, de notre plaisir et de notre douce rêverie. Quel plaisir de te retrouver
après ces longues vacances. Quelle joie de s'appuyer à nouveau sur tes accoudoirs accueillants ! Tiens,
il ne nous manque plus que le chat ronronnant doucement sous les caresses, un cocktail surprenant
(Lady Top: mélangez à part égale du gin, du jus de pamplemousse, du jus d'orange. Ajoutez
un trait de crème de cassis, et décorez avec une lanière de zeste d'orange), le feu crépitant face
à l'automne qui se profile déjà au bout de la canicule et les derniers livres que nous avons lus pour
vous : |
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| Hygiène
de l'assassin d'Amélie
Nothomb - Points, Albin Michel |
| Ce petit ouvrage d'Amélie Nothomb, écrit voilà
déjà quelques années, accroche de prime abord le lecteur par son titre, puis par son étrange sujet
(un obèse misanthrope prix Nobel de littérature, sur le point de mourir, accordant des entretiens
à des journalistes). Le début du livre est donc composé d'ue série d'entretiens, pendant lesquels
cet écrivain (nommé Prétextat Tach) lamine sans méchanceté les journalistes venus le voir. Puis arrive
Nina, dont l'interview constitue le coeur du livre. La vacuité des échanges avec les premiers journalistes
(les répliques semblent artificielles ; en tout cas, si elles sont spirituelles et drôles, elles composent
des conversations légèrement surréalistes) amène le lecteur à mettre en doute la qualité littéraire
de l'ouvrage, et le réalisme (dans le sens de possibilité d'existence) d'un écrivain comme Prétextat
Tach. Mais ces dialogues ne font en fait que préparer l'intervention de Nina. L'artificialité des
premiers échanges crée alors un contrepoint aux brillantes réparties échangées entre Tach et Nina
(sans oter l'aspect parfois irréel de certaines répliques). Et c'est en découvrant l'oeuvre de Prétextat
Tach à travers l'analyse de Nina, que l'on découvre que le dialogue n'est que métaphore des rapports
de l'auteur et du lecteur, de l'oeuvre et de sa lecture. On comprend alors le sens de la vacuité du
début du livre ; les premiers journalistes ne voient rien dans l'oeuvre de Prétextat Tach, comme nous
ne voyons rien dans celle d'Amélie Nothomb. Pour comprendre, il nous faut l'aide et la clairvoyance
de Nina. Au delà de ce simple parallèle, il y a le rapport que l'on entretient avec le livre lui-même
et son récit (car le récit de la vie non-adolescente de Tach constitue la trame de cette reflexion
sur l'écriture). Tout au long du livre, le rapport établi par le lecteur avec le personnage de Tach,
ou avec le récit d'Amélie Nothomb, suit les mêmes phases (neutralité, rejet, incompréhension, interêt,
gêne, plaisir) que celles caractérisant les rapports de Prétextat Tach avec la critique littéraire
virtuelle qui ne le comprend jamais. Souvent, les créations littéraires d'Amélie Nothomb cessent d'être
des créations que l'on peut examiner en spectateur neutre : elles nous mettent le nez dans nos travers
de lecteur. On se surprend à accorder plus d'attention un passage, parce qu'une pique de Nina à Tach
sur le manque d'attention des lecteurs nous est en fait adressé. Mais il faut le dire : il est bien
agréable d'être un lecteur ainsi manipulé. |
| PmM |
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| Le conformiste d'Alberto
Moravia - GF, 1985 (1951) |
La parabole est un peu lourde, le style s'embourbe
dans le schéma thèse / explicitation / démonstration / conclusion. Moravia s'efforce de montrer comment
le conformisme peut mener au fascisme. Robert Merle avait tenté de s'insérer dans la logique d'un
Rudolph Hess (appelé Rudolph Lang) dans La mort est mon métier. La description d'un bureaucrate
acharné de perfection et de méthode confinait parfois avec une certaine complaisance: on va quand
même pas chialer sur la destinée de Rudolph, merde. Ici, Moravia nous montre comment l'absence de
Loi sauf celle émanant d'un groupuscule de décérébrés notoires peut conduire au fascisme. Sa thèse
est critiquable. Mais ce bouquin n'est pas un essai et mérite d'être réhabilité.
Marcello, issu d'une famille en pleine déliquescence, prend conscience de son "anormalité":
jouissance dans la mise à mort, penchants homosexuels... Il a peur et tente de ressembler à ce qu'il
pense être l'"homme normal". Il adhère au fascisme, obéit aux ordres, rentre dans les services
spéciaux de la police politique, trahit un de ces anciens professeurs de philosophie réfugié à Paris
pour organiser la résistance.
Moravia nous offre quelques pages terribles: un garçonnet tiraillé par de sombres pulsions, tueur
de lézards et de chat, jouisseur de rien, conscience marécageuse un peu désespérante. L'intérêt du
bouquin, c'est de plonger le lecteur dans une conscience noirâtre, verdâtre, "vomiâtre"
dont les exhailaisons puantes font étrangement penser aux odeurs souffrées de nos propres aisselles
que nous décollons chaque matin dans un grand geste de soulagement. La lâcheté et l'absurdité du conformisme
de Marcello résonnent dans les cavités reculées de nos profondeurs pas très catholiques, échos aux
désirs diffus d'ordre et de clarté, aux combats contre les petits titillements pulsionnels qui agitent
nos cervelles débiles. Le lecteur plonge dans des ténèbres qui peuvent être les siens. Un bouquin
où on se purge bien. Attention aux petits gestes "marcelliens": ranger ses chaussons symétriquement
dans le prolongement de la table de nuit, elle-même bien calée dans l'angle opposé au petit meuble
où l'on range sa brosse à dent...
Quant à Julie , la femme de Marcello, certes détestable sous certains aspects, elle a une poitrine
abondante et adore faire l'amour avec fraîcheur.
A noter enfin que Bertolucci à réussi à en faire un film meilleur que le bouquin. Avec un Trintignant
exceptionnel. |
| RH |
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| L'usage du monde
de Nicolas Bouvier - Payot, Voyageurs |
| A tous ceux qui aiment les récits de voyage, voici
un de ces rares livres qui ne sont ni des accumulations de descriptions pittoresques ni les états
d'âmes d'un gros niais émerveillé par n'importe quoi sous prétexte qu'il est le seul à le voir et
qu'il va pouvoir gonfler ses collègues de bureaux dans d'interminables soirées-diapos. C'est tout
simplement un long voyage, même pas très loin : de l'Europe centrale à l'Asie mineure. Tout le long
de ce très beau récit (illustré aux éditions La Découverte par le compagnon de Bouvier dont malheureusement
le nom m'échappe) on retrouve la précieuse désinvolture qui de Corto Maltese à Claude Lévi-Strauss,
certes dans des styles différents, permet de saisir ce qui fait l'étrangeté et la facilité du Dépaysement.
Lorsqu'on traverse de cette façon les plus invraisemblables constructions humaines, avec une tranquillité
qui n'est pas sans rappeler l'étonnante disposition d'un de nos nouveaux collaborateurs à s'étendre
sans vergogne sur les plateaux de Risk, il apparait alors la véritable nature du voyage sans autre
but que le déplacement désinteressé, celle que résume ainsi Bouvier : "On ne fait pas un voyage,c'est
lui qui vous fait, petit à petit.". Je crois que c'est cette infime différence qui nait en nous
lorsque nous nous éloignons qui fait crier à Caïn à ses compagnons qui s'éloignent dans la dernière
planche de La ballade de la mer salée de Hugo Pratt "Vous êtes les plus beaux amis du
monde!". Le livre de Nicolas Bouvier est une merveille. |
| EM |
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| La paresse comme vérité effective de l'homme de
Kazimir Malevitch - Editions Allia, 1995 |
| Voilà un titre qui réconforte, et ce d'autant plus
qu'il n'y a que 44 petites pages! De quoi ravir tous les adeptes de la lecture en "conditions
sanitaires". L'édition est jolie: Carré noir sur fond blanc du déjanté Malevitch. Marxo-métaphysico-mystique
entreprise d'eschatologie anthropologique, la thèse est simple et l'argumentation faible. L'évolution
des forces productives ne doit pas aboutir à la libération de l'homme par un travail qu'il s'est réapproprié,
mais à se libérer du travail. L'effectivité de l'homme, son acte pur, c'est la paresse. Un moment
dérouté: on semble revenir à la sagesse antique et à son éloge de la scholè ou même au dieu d'Aristote.
En fait, je crois que c'est plus amusant. Derrière la "réalisation des actes dans la pensée pure"
et l'homme "libéré de la réalité physique", le cher Kazimir dissimule le monde merveilleux
de la glande, de la glandouille, de l'état larvaire et languissant dans lequel on se répand en se
disant "nom de dieu, ce qu'on est bien" un petit verre de rouge à la main droite, la cigarette
dans l'autre. Et il nous dit que ça, et bien, ce n'est pas anti-économique, contre-productif ou contre-révolutionnaire,
mais que c'est bien humain. En bref, amusant si on ne prend pas ce petit ouvrage au sérieux. Sinon
envoyez-nous dans le prochain numéro les recettes de cuisine de Thérèse de Lisieux ou le manuel du
savoir-vivre de Plotin. |
| RH |
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| Visions
d'antan de Clifford D. Simak - J'ai
lu S-F |
Ce recueil de quatre nouvelles, écrites dans les
années 55 (sauf une publiée en 77), constitue une illustration parfaite d'un certain style d'écriture
de science-fiction en passe de devenir classique. Classique, mais pas dans le sens de "rabaché,
plagié, rebattu", plutôt dans le sens de "historique, amené à servir de modèle et d'exemple".
Car ce style relativement indéfinissable (ou alors, il faudrait réfléchir et analyser plus avant)
n'est pas propre à Clifford D. Simak, mais commun - du moins dans la plupart de ses éléments fondamentaux
- à Asimov, Brown, Lovecraft (pour les récits les moins fantastiques)... On peut bien sûr voir dans
l'émergence de ces ressemblances un modelage imposé par le mode de parution des ces récits (les fameux
magazines comme Weird Tales) et donc par la commune préoccupation des directeurs de publication, doublé
de l'existence d'une certaine "école" américaine des années 50. C'est sans doute vrai, mais
cela n'enlève rien à l'originalité de chacun des auteurs, et au fait avéré que ce style d'écriture
se fait rare.
Le style d'écriture dans la science-fiction des dix dernières années est considérablement différent,
si tant est que l'on puisse parler d'un style commun. Il n'y a en fait que des éléments communs de
style qui se détachent d'un fond relativement embrouillé (ex : le traitement de la violence, du sexe,
de la drogue...). Pour prendre des exemples concrets, dans la continuité d'une certaine école anglo-américaine,
les styles de Silverberg, Vance, Gibson et Powers permettent d'observer non seulement l'émergence
de nouveaux éléments de narration (au delà des éléments de narration habituels, on trouve maintenant
des fils conducteurs nouveaux comme les univers virtuels informatiques par exemple), mais aussi une
reprise des éléments les plus classiques comme l'amour, la violence ou la magie. Le style d'écriture
suit à la fois l'évolution du monde dans sa globalité (et du monde technique en particulier), et un
chemin évolutif qui lui est propre. Ce chemin de traverse est probablement le simple reflet de l'évolution
du rapport des auteurs avec la littérature qu'il écrivent. En changeant de statut, en devenant progressivement
et non sans difficultés une littérature à part entière, la science-fiction voit ses composantes évoluer.
Ce qui constitue un paradoxe de plus dans une littérature qui se voudrait souvent atemporelle...mais
qui devrait suffire à prouver une fois de plus à ses détracteurs que la science-fiction est une genre
comme un autre de la littérature moderne.
Ah, au fait, le recueil de nouvelles de Simak... Il est parfait, comme vous vous en doutez ! |
| PmM |
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| Date d'expiration de
Tim Powers- J'ai lu S-F |
Tim Powers nous avait enchanté avec Le poids
de son regard ou Les voies d'Anubis en utilisant un procédé -mêlant les faits historiques
réels à la pure fiction- qui redonnait un intérêt certain à l'utilisation de la magie et du surnaturel
dans la science-fiction, intérêt bien émoussé par les X romans usant tous des mêmes ficelles (incroyable
le nombre de gnomes, de nains maléfiques, de graals empoisonnés, de fantômes obsédés sexuels et de
possessions démoniaques qui ont trainé ces temps dans de soi-disant romans de science-fiction) ou
par les séries télévisées aux scénarios aussi vides que le regard quasi-bovins des deux acteurs principaux.
Les deux derniers romans de Tim Powers, Poker d'âmes et Date d'expiration sont essentiellement
centrés sur la magie, et utilisent moins l'aspect imbrication avec des faits historiques ; la magie
et le surnaturel y sont complémentaires du mode réel, et quelques idées excellentes permettent de
temps à autre d'établir des ponts entre des réalités physiques et d'imaginaires explications paranormales.
Par exemple, l'utilisation du personnage d'Edison dans Date d'expiration permet d'attribuer
(fictivement !) en grande partie les travaux du savant à une imaginaire relation avec le surnaturel
: les manifestations de fantômes sont liées dans le livre à des phénomènes électromagnétiques, qui
constituent une sorte de support des variations de l'âme, un peu dans la veine du modèle de relation
âme / électrivité / biologique /mécanique que l'on trouve dans Ghost in the shell, du japonais
M. Shiro ; l'électricité étant le domaine de prédilection d'Edison, la consistance de son personnage
prend une nouvelle dimension. Tout cela est fort agréable, et rappelle la maestria de Le poids
de son regard.
Mais la facture du roman lui-même noie ces moments brillants dans une confusion des personnages et
des actions que l'auteur met en place pour essayer de produire un de ces romans à histoires parallèles
qui sont devenus le format obligé des best-sellers américains du moment. Le maître de ce type de construction
littéraire -ou plusieurs personnages vivent plusieurs histoires parallèles, qui interfèrent petit
à petit pour finir par se rejoindre en un crescendo final, l'action devenant unique- est sans nul
doute Stephen King. Tim Powers ajoute à ce type de construction un flou peu agréable qui rend le roman
difficile à suivre tant que les personnages n'ont pas été parfaitement précisés et que leur histoire
commune ne s'est pas mise en place (ce qui arrive à la moitié du roman). De plus, je soupçonne Powers
d'avoir volontairement accentué ce flou artistique dans le premier tiers du livre pour coller à l'atmosphère
de brouillard psychologique / électromagnétique dans lequel se débattent les personnages et les fantômes.
Au bout du compte, ce sont les deux premiers tiers du roman qui deviennent confus et fantômatiques,
et plus d'un lecteur sera sans doute tenté d'abandonner avant cette limite, d'autant plus que la fin
trop prévisible et décevante (encore un travers du best-seller américain) ne rattrape pas le début
laborieux.
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| PmM |
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| Le journal d'un fou
de Luxun - Bibliothèque cosmopolite Stock,
1981 |
Voilà un merveilleux petit ouvrage que je ne permettrai
pas de commenter. Je veux juste vous dire que j'ai aimé. Si je vous dis pourquoi, je sens que je vais
raconter des conneries. Et je vais vous étonner en vous racontant l'histoire: c'est le journal d'un
fou. Un fou dont on ignore le nom, rédige quelques notes. Au fond, il sent que tout le monde lui en
veut: le voisin, les enfants du village, le chien du père Tchao, son frère lui-même... Rien de plus
normal. Mais ensuite, il croit dénouer les noeuds d'un complot fomenté contre lui : les autres sont
des anthropophages et ils veulent faire de ses intestins de merveilleuses petites saucisses et de
ses orteils de bons petits raviolis. Tout s'explique : pourquoi sa soeur a disparu (son frère l'a
dévorée), pourquoi les gens évitent de lui parler ou le regardent d'une bien étrange manière, les
faits mystérieux relatés dans les villages voisins... Le fou se met alors à rêver d'un monde sans
cannibales avant de s'écrier: "Sauvez les enfants!...".
Je préfère éviter toute tentative d'interprétation qui au fond s'avérerait bien sordide. Concis, électrique,
saisissant et blablabla ; qui a aimé le récit du grand Gogol ne pourra que se délecter en lisant ce
petit chef d'oeuvre de la littérature chinoise (c'est pas moi qui le dit, c'est Mao). Je m'arrête
là, j'ai une grosse faim de... |
| RH |
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| H.P. Lovecraft, le roman de sa vie par
L. Sprague de Camp |
| Il faut expliquer à nos lecteurs que la rédaction
de KaFkaïens s'est fixé à une le nombre maximal de mauvaises idées par numéro. Et bien ce coup-ci,
c'est moi qui l'ai eu. Pourtant je pensais qu'il était louable de ma part de m'interesser à un des
auteurs les plus mysterieux de ce siècle. seulement, pour faire une bonne biographie, il faut être
deux : un "personnage" interessant et un bon écrivain-chercheur. Là, force m'est d'avouer
qu'il n'y a personne. Lovecraft (que j'imaginais gentil papy un peu dérangé) était un fasciste tout
à fait répugnant. La paranoïa, qui est son outil littéraire de référence, n'était pas un simple procédé.
Ce (pauvre) type était un maniaco-dépressif de premier ordre, obsédé par la pureté et sa conservation.
Il était donc déjà difficile de s'interesser à la vie de ce nazillon -surtout par les temps qui courent-
mais quand tout cela est raconté par le dernier des abrutis, on s'énerve très vite. Je ne suis pas
un grand connaisseur de l'oeuvre de Sprague de Camp (je sais juste qu'il a écrit quelques Conan),
peut-être même -et là c'est vraiment pour fâcher personne- est-elle digne d'intêret mais d'une part
il me parait difficile de le suivre quand il s'extasie sur le génie de Lovecraft pour insister ensuite
sur son manque total (il faut bien l'admettre) de talent littéraire; d'autre part, et c'est le plus
insupportable, il est impensable d'admettre comme justification du racisme et du conservatisme de
Lovecraft un simple "tout le monde pensait ça" que sous-tendent une méconnaissance historique
et une volonté de falsification tout à fait dégueulasse. On sent d'ailleurs, à travers certaines remarques,
que LSdeC n' est pas loin d'être d'accord avec HPL sur bien des points. Bref, ce texte m'a donné la
nausée du début (peut-on imaginer titre plus débile?) à la fin. Ca fait du bien quand ça s'arrête
et les quelques faits sur lesquels on aurait aimé en savoir plus sont noyés dans le flot lamentable
des notes bibliographiques qui sont apparement pour LSdeC plus important que l'analyse et la critique
des textes mis en rapport avec les évènements biographiques.
Mes chers amis, contentez-vous donc des nouvelles
de HPL qui surnagent, elles sont toutes dans le premier tome des oeuvres complètes dans la collection
Bouquins, présentées par Lacassin et évitez les pollutions de l'autre raté.
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| EM |
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