L'Anesse aux grelots
 

Sonnantes, elles allaient sur leur base de peau
Les tonnantes clochettes de l'ânesse aux grelots,
Et ces claires étrennes, cette grappe cuivrée
Accrochait le soleil aux caresses du fouet.

L'ânesse trébuchait, à ses flancs les fardeaux,
Les outres de peau grise barrées de longs faisceaux,
Les ballots de coutil sanglés de cuir grossier
Pesaient également sur le rude collier.

La rocaille traîtresse, la blessure du cou,
Les roulantes bordées d'injures et de coups,
L'écrasante brûlure du joug à supporter,

Ont raison de l'ânesse, qui s'effondre, et qui meurt,
Sous les chaînes usées, sans mouvement d'humeur,
Sur les roches polies d'un chemin muletier.

 
S.
 
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