De ses débuts au Splendid à aujourd’hui : la vie privée de Valérie Mairesse racontée

Valérie Mairesse a traversé plusieurs décennies de cinéma, de télévision et de théâtre en laissant la presse people spéculer sur sa vie privée sans jamais vraiment lui donner prise. Membre fondatrice de la troupe du Splendid, ex-compagne de Thierry Lhermitte, actrice repérée par Agnès Varda, elle a pourtant choisi de reprendre la main sur son propre récit, notamment à travers son autobiographie.

Valérie Mairesse et le contrôle de son récit intime après le Splendid

Quand on parle de la vie privée de Valérie Mairesse, la presse people a longtemps recyclé les mêmes angles : sa relation avec Thierry Lhermitte, son départ de la troupe du Splendid, son avortement. Des fragments de vie répétés hors contexte, sans que l’actrice ait son mot à dire sur la manière dont ils étaient présentés.

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La publication de son autobiographie a changé la donne. Mairesse y raconte elle-même les épisodes douloureux, les choix assumés, les tensions au sein du groupe. Elle pose les termes du récit plutôt que de les subir. Dans un paysage médiatique où les figures féminines du spectacle sont souvent réduites à leur statut de « compagne de », cette démarche a une portée concrète.

À l’ère post-MeToo, ce type de prise de parole directe par les actrices elles-mêmes a pris une autre dimension. Mairesse n’a pas attendu ce mouvement pour parler, mais la réception de ses mots a évolué. On lit aujourd’hui son témoignage sur l’avortement ou sur les dynamiques de pouvoir au sein du Splendid avec un regard différent de celui des années 1990.

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Femme comédienne dans les coulisses d'un théâtre français vintage, en référence aux débuts de Valérie Mairesse au Splendid

Enfance à Casablanca et arrivée dans le cinéma français

Valérie Mairesse est née le 8 juin à Paris, mais elle a grandi à Casablanca, au Maroc, où son père occupait un poste de directeur de banque. Son rapport au cinéma s’est construit là-bas, dans les ciné-clubs locaux, loin des circuits parisiens.

Elle rentre en France au début des années 1970. Peu après, elle rejoint la troupe du Splendid, d’abord à la régie pour la pièce « Je vais craquer ». Le passage de la technique à la scène s’est fait naturellement : elle finit par monter sur les planches avec le reste de la bande.

Son premier grand rôle au cinéma vient d’Agnès Varda, dans « L’une chante, l’autre pas ». Ce film lui offre une visibilité qui dépasse le cadre du café-théâtre. Varda lui confie un personnage de femme libre, engagée, en phase avec les luttes féministes de l’époque. Ce choix de casting n’était pas anodin : il a orienté la perception publique de Mairesse pour les décennies suivantes.

Relation avec Thierry Lhermitte et vie de famille

La relation entre Valérie Mairesse et Thierry Lhermitte reste l’un des épisodes les plus commentés de sa vie privée. Tous deux membres du Splendid, ils forment un couple au sein de la troupe. Cette proximité professionnelle et sentimentale a alimenté des années de chroniques people.

Mairesse a évoqué dans son autobiographie un avortement lié à cette relation, un épisode qu’elle décrit comme traumatisant. En le racontant à la première personne, elle a retiré aux tabloïds le monopole de l’interprétation. L’avortement n’est plus un ragot mais un témoignage assumé.

Après sa séparation avec Lhermitte, Valérie Mairesse a construit sa vie de famille loin des projecteurs. Elle est devenue mère et a veillé à maintenir une frontière nette entre sa vie publique et son quotidien. Les informations disponibles sur ses enfants restent limitées, et c’est visiblement un choix délibéré.

Départ du Splendid : ce que Valérie Mairesse a vraiment dit

Le départ de Valérie Mairesse du Splendid a fait couler beaucoup d’encre. Selon ses propres mots, une autre membre de la troupe aurait « un petit peu manipulé » pour qu’elle ne revienne plus. Cette formulation, tirée de son autobiographie, est mesurée mais sans ambiguïté.

On retrouve ici un schéma récurrent dans les groupes comiques des années 1970-1980 : les femmes y occupaient souvent une place précaire, tributaire de dynamiques de groupe où elles pesaient moins lourd que leurs homologues masculins. Mairesse était la seule femme permanente dans un collectif devenu très médiatisé avec les films comme « Les Bronzés ».

Plusieurs éléments éclairent ce départ :

  • Un choix professionnel (tourner avec Agnès Varda plutôt que rester exclusivement au Splendid) qui n’aurait pas plu au reste de la bande
  • Des tensions interpersonnelles au sein du groupe, amplifiées par le succès commercial soudain
  • Une mise à l’écart progressive plutôt qu’une rupture franche, ce qui a rendu la situation plus difficile à nommer publiquement

Mairesse n’a pas claqué la porte, on l’a poussée vers la sortie. La nuance compte, et c’est elle qui l’a posée noir sur blanc.

Comédienne française souriante dans une cour en pierre à la campagne, illustrant la vie privée et personnelle de Valérie Mairesse

Valérie Mairesse actrice et féministe : un parcours en dehors des cases

Après le Splendid, Mairesse a continué à tourner pour le cinéma et la télévision, tout en s’investissant dans l’animation d’émissions. Sa carrière ne se résume pas à une période dorée suivie d’un déclin : elle a simplement emprunté des chemins moins balisés que ceux de Lhermitte ou Clavier.

Elle a déclaré être « devenue féministe » à la suite d’un déclic précis, lié à son expérience personnelle et professionnelle. Ce positionnement n’a rien de théorique chez elle. Il découle directement de ce qu’elle a vécu au sein d’un groupe d’hommes, dans une industrie où les rapports de force étaient rarement questionnés.

Les rôles qu’elle a choisis après le Splendid reflètent cette évolution :

  • Des personnages de femmes autonomes, souvent en décalage avec leur entourage
  • Des collaborations avec des réalisatrices ou des projets portés par des regards féminins
  • Un passage par la publicité et la télévision qui lui a assuré une indépendance financière sans dépendre du bon vouloir des producteurs de cinéma

Sa carrière post-Splendid illustre une forme de résilience professionnelle construite en dehors des circuits qui l’avaient rendue célèbre.

Valérie Mairesse n’a jamais cherché à redevenir « la fille du Splendid ». Elle a préféré raconter sa version des faits, protéger sa vie de famille et poursuivre un métier d’actrice sur ses propres termes. Dans un milieu où la parole des femmes a longtemps été filtrée par d’autres, elle a fait de son autobiographie un acte de souveraineté sur son histoire.