Edito
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Numéro en cours
| Le numéro en cours de notre magazine a pour thème Mars. Découvrez dans le sommaire les nouvelles consacrées à ce thème rougeoyant, ainsi que la poésie surréaliste de notre encyclopédie martienne nommée Marsopédia. | ![]() |
Rubriques
Technologie et Humanisme
Articles de fond sur les rapports de l'homme au sens large et de la machine, et particulièrement de l'homme, de l'art et de la littérature d'une part et des sciences et des outils informatiques modernes d'autre part.
Atelier de Pièces Détachées pour Oeuvre de Fiction Littéraire
Créations et expérimentations littéraires usant sans en abuser des techniques informatiques pour satisfaire l'imagination féconde des auteurs.
Le Fauteuil en Velours Brun
Critiques littéraires diverses, engagées, variées, objectives, mordantes, élogieuses, lapidaires, biaisées, ennuyées, gratuites, dithyrambiques et plus encore...
Nouvelles à thème
Nouvelles sur un thème imposé lors d'un numéro, ou par la simple monomanie d'un rédacteur en chef tournant obsédé par ses angoisses, et posant aux auteurs ce qu'il est convenu d'appeller un sérieux problème.
Aventures Virtuelles
Les aventures étranges de tout un bestiaire névrosé et éclectique, dans une forme plus qu'approximative, et dans le but totalement gratuit de rire aux dépens d'êtres défavorisés comme le teckel.
Poésie
Une multitude de mots disposés avec soin composent une mosaïque élaborée. De cet arrangement naît la sensation, puis l'émotion et enfin la réflexion.
Carnets de route
Récits de voyages réels et imaginaires...
Hum(oe)ur libre
Textes humoristiques, grinçants et sarcastiques. Dérision, sarcasmes et bonne humeur.
Dernières critiques
![]() | Debout les morts par PmM |
![]() | La tempête du siècle par EM |
![]() | L'Homme premier par PmM |
![]() | Datcha blues - Existences ordinaires et dictature en Biélorussie par EM |
![]() | Froissart’s Modern Chronicles par AS |
Texte à la Une
Les Villes imaginaires
Par FXS dans Poésie
| Windows
between you and the world Keep out the cold, keep out the fright Louis McNeice - Corner Seat |
|
Les yeux
fermés, naviguer dans la nuit Voguer !
Etre la vague ! Franchir
au ralenti les murs et les sourires Sur la route Train de poussière Rythme de peau
On n’a rien gardé de toi Un jour, croisant
la ligne des deux tours Ta légende
gonflait mes voiles Passées
tes haciendas de pierre de taille Sentant la jungle
et les marais J’ai vu
tes palais s’effondrer. J’ai vu se perdre Maria Consuela,
qui m’avait ouvert son lit Maria Consuela
n’est plus ; mon sang s’en est allé On lutterait
pour retrouver On n’a
rien gardé. Tes eaux sont couvertes de souillures J’ai repris
ma vie. J’ai ramassé mes voiles
Ville de soleil ville de poussière ville invisible presque derrière son voile de chaleur. J’ai voyagé des semaines, me semble-t-il, pour te trouver. Des semaines durant faisant le même parcours, tournant et retournant encore, comme un chien flairant une piste trop brouillée. Je les sentais bien pourtant, tes effluves de musc et de chair grillée, elles tournaient et tournaient et retournaient encore autour de ma tête. J’ai cru devenir fou. Chaque nuit
j’entends ton cœur s’emballer. L’haleine
de ton souffle soulève la poussière, efface des chemins
les traces de mon passage. Ton martèlement m’obsède,
c’est comme une fièvre et je tourne, je retourne mon
corps entre les draps poisseux. Le rythme de ma course, bruit de
ferraille du train, me tient éveillé, effrayé,
ardent, ne sachant qui de nous est en marche vers l’autre.
Mais moi, lancé dans la nuit comme un tonnerre roulant, tournant,
de toute la puissance de mes tonnes d’acier, grognant, grondant,
plein d’un feu qui me dévore, rendu fou par ton odeur,
je me bouscule dans la nuit, je m’entoure d’un manteau
de bruit, j’enveloppe ma tête d’un voile épais
de fureur et je hurle, je hurle et j’attends de la nuit quelque
chose comme un mur. Je suis allongé dans ton ombre.
Ici il n’y
a rien Tout l’espace est tissé de gris Rome Rome. C’est
la nuit. Rien ne dort. C’est
la nuit. Un milliard de visages grimaçants Autour de moi
les maisons s’écroulent Rome. C’est
la nuit et rien ne dort C’est
la nuit. A la porte des cafés entrouverts Rome la nuit
en un moment New-York New-York je
te hais New-York, ville
mécanique. Y suis-je humain ? New-York…
J’ai rencontré une fois une femme Et je n’ai
pas aimé ce que tu as fait d’elle Tombouctou J’ai peur
pour toi. Depuis que tout s’est accéléré, N’importe
quelle autre ville, ça n’était rien. Créatures
de feu, On voit que
ce n’est rien. Les voilà … plus ornées Mais toi. Au
cœur de ce corps jaune Tu battais, défendue, entourée, cernée par tes légendes. On n’entrait pas. Ceux qui te connaissaient gardaient le silence. Tu battais. On est venu. Depuis, je n’entends plus ton pouls. (Où l’on parcourt, indécent, tes membres desséchés. Tes fleuves poussiéreux. Où l’on vend tes légendes comme des colifichets. Je n’entends plus ton pouls, t’a-t-on tuée ? Qui donc est né de toi, où sont tes enfants ? Qui s’occupe d’honorer ta tombe ? As-tu seulement une tombe ? Même oubliée ? perdue ? ensablée ? fondue dans l’acier ? Une tombe que l’on piétine sans s’occuper des morts ? Quelque part, loin… Au fond d’un terrain vague, où des enfant s’amusent… A jouer au soldat Une tombe au bout de tout ?)
On n’est
jamais seul Voir sans regarder C’est
au départ des trains Combien de temps
cela prend-il Il m’est
arrivé de penser Partant du centre
vers les bords
Qui ne croit pas au Temps voyagera à Rome Dans les couches
inférieures Au cœur
de l’édifice Aux flèches
de ses temples
J’ai rêvé
d’une ville d’exil On n’y
viendrait pas. On y échouerait On s’élancerait
dans le bruit, les crissements Les vagues d’acier
se calment Au fil d’une
route sans gloire Marchant toujours,
bien des années plus tard Ankosinkivostok,
ou bien quelqu’autre nom Au bout de ce
chemin Vancouver J’ai traversé un continent de solitude. Pays rêvé, tant de fois, pour ses forêts sombres, pour ses lacs silencieux où flottent dans les glaces les corps de mes amantes. Sentiers de neige, terres sans trace, peuples sans mémoire, n’est-ce pas dans les jardins de la mort que celui qui survit est le plus homme de tous ? Ca n’est plus un voyage, mais un ensevelissement, quand tout est uniforme, on se sent immobile, mais on vieillit encore. Seul dans un rêve blanc, le bonheur a-t-il encore un sens ? Echappe-t-on au malheur, à force de ne pas vivre, de ne plus avancer, croit-on en être libre quand on ne sourit plus, quand on ne vieillit plus, quand la marche est réelle et l’extase oubliée ? Longtemps j’ai traversé la terre des solitudes. C’était un bonheur froid, tout un coton de vie, une marche oubliée que ce parcours sans âme. Défilé de forêts, le bruissement des lacs, la mort, odeur d’acier, brûlure du froid, le sourire des amants, prisonnier dans les glaces. Et cette interminable nuit toute peuplée de spectres, ce lent grandissement au milieu des fantômes, ce long ploiement du corps Commençant
par la nuque Le temps d’un seul soupir déjà on est à terre. J’ai franchi tout un continent de solitude. De l’est jusqu’à l’ouest, j’ai parcouru ma vie. Je m’y suis trouvé seul. A mes côtés marchaient mes rêves. Je n’en poursuivais qu’un. Va ! Au bout de ton chemin ta vie t’appartiendra ; ton rêve sera tien. L’océan s’est ouvert. Tu étais là , bien sûr, jeune et fraîche, comme l’est le printemps, ses premières prémisses, au mois de février. Tu riais, ton corps était debout, dressé face à la bise, tu riais et tout m’attendait là . Sortant de mes cent ans d’errances, j’étais blanc, comme mon rêve. A terre, je suis venu vers toi. J’ai trempé mes lèvres dans les tiennes, elles ont la couleur et le goût et la chaleur du vin. J’ai vu tous les navires qui touchaient à ton port. Les voila, ceux que j’aurais aimés, dansant dans tes alcools. Le temps n’était qu’ivresse. Je t’ai trouvée. Tu étais jeune. J’avais cent ans. Je me suis redressé, j’ai raconté mon rêve, ça n’a pris qu’un instant, mes lèvres collées aux tiennes. Déjà tu as vieilli. Moi, comme Moïse, je suis mort face à l’océan.
J’ai fait
ce rêve depuis toujours Marchant au
creux du sentier jaune Ma maison sur
le dos, un jour Que c’était
beau ! Quittant la vie VoilÃ
cinq ans que je voyage |





