Bon, je dois avouer que la première fois
que j'ai entendu parler de Thoreau, c'était dans un strip
de Calvin & Hobbes, où les parents de Calvin ressassent
les responsabilités accumulées dans leur vie d'adultes,
le père s'écriant "Simplifions, simplifions,
comme disait Thoreau"... Calvin passe à ce moment-là
devant eux et déclare à l'attention du lecteur : "Je
n'aime pas quand ils me regardent comme ça...".
Puis j'ai rencontré des références à
Thoreau un peu partout, chez Nicolas Bouvier notamment, puis je
suis tombé cet été sur un petit texte extrait
de Walden ou la vie dans les bois dans une anthologie d'écrivains-voyageurs
gentiment offert par la librairie Maupetit à Marseille. L'auteur
y parlait "d'exiger la réalité" et de se
dégager de tous les artifices de la vie moderne pour retourner
à un dénuement constructif. Vivant à l'époque
dans un très modeste duplex face à la Tour Eiffel,
j'ai donc acheté Walden.
Pendant deux ans, Thoreau a vécu dans une cabane construite
de ses propres mains près du lac de Walden en quasi-autarcie.
Il retire de cette expérience d'ermite (rejoignant ainsi
une longue tradition de reclus et de marginaux volontaires) un texte
assez halluciné où se téléscopent détails
triviaux, prévisions, budgets, conseils pratiques et fulgurances
littéraires à couper le souffle. J'ai pensé
plusieurs fois à la correspondance Vincent-Théo Van
Gogh, assez ingrate à lire mais où quelques pages
restent imprimées à jamais dans le cerveau du lecteur.
Walden ou la vie dans les bois est un texte précieux
en période de troubles. |