| |
Il existe une
classe à part de romans policiers dont la caractéristique
est de mettre en scène un enchaînement de causes et de
circonstances si parfaitement combinées que le lecteur va de
surprise en surprise, épousant souvent les vicissitudes des
personnages, et se retrouvant aussi irrémédiablement
piégé qu'eux à la fin de l'ouvrage. Ces romans
policiers constituent pratiquement un genre à part, au même
titre que les récits de détectives, les meurtres en
chambre close ou les relativement récentes cyber-enquêtes.
Dans ces romans, peu importe en définitive le lieu, les protagonistes,
l'histoire, les mobiles ou même les crimes ; si l'on reste captivé,
c'est par l'implacable enchaînements des détails, des
causes et des retournements de situation, avec lesquels les auteurs
arrivent parfois à vous faire épouser les causes les
plus inattendues.
Une femme là-dessous est exactement de ce calibre. Publié
en 1951 par Charles Williams (auteur du fantastique Fantasia chez
les ploucs), ce roman parvient à nous faire compatir aux
malheurs de Barney, dont les tentatives pour s'assurer d'un magot
illégal s'engluent dans les coïncidences, les quiproquo
et les péripéties malheureuses. Jusqu'à l'extrême
fin, on vibre avec Barney, et ses épreuves nous placent dans
la situation un peu étrange de souhaiter la réussite
d'un filou aux petits pieds. Et jusqu'à l'extrême fin,
on en sait pas si Barney va s'en sortir ; à chaque fois que
l'on croit le voir réussir, un détail annonce la catastrophe
imminente, à chaque fois qu'il se retrouve piégé,
une solution se présente. Sacré Barney !
Charles Williams excelle dans ce type de récit, et il est avidemment
difficile de lâcher Une femme là-dessous avant
d'avoir eu le fin mot des tribulations de Barney Godwin. |
| |
| PmM |
|