|
Il y a des auteurs
dont j'attends les nouveautés parce que ces fainéants
écrivent plus lentement que je ne lis. Une fois qu'on a rattrapé
son passif de Paul Auster ou de Umberto Ecco (je ne parle pas de
ses essais, trop ardus pour la plupart), il ne nous reste plus qu'à
espérer que notre auteur fétiche retrouve l'inspiration.
David Lodge fait partie de ces amis sûrs, qui vous donnent
de leurs nouvelles tous les ans. Et cette fois, plus encore que
d'habitude, les nouvelles sont bonnes.
On connaît
le style érudico-léger de Lodge. On a soupé
de ses intrigues de petits universitaires. Eh bien cette fois,...
c'est pareil !!! A ceci près que pour une fois, personne
n'est catholique, et donc sexuellement frustré, c'est bien
connu. Encore que, des frustrés, il y en a. Etonnamment,
les sciences (cognitives) viennent se frotter à la littérature.
Les dialogues entre la littéraire et le scientifique pour
qui toute pensée peut être modélisée,
sont d'une rare intelligence. Il y a quelques sujets pour Technologie
et Humanisme dans ce roman.
L'autre originalité qui sous-tend le récit, et qui
en est même le thème récurrent, les Pensées
secrètes, c'est le mélange des modes narratoires.
Entre le journal intime, le dictaphone, le style indirect, même
les mails !, chaque chapitre donne, avec un style différent,
une version parcellaire, partiale, de l'histoire. Au lecteur de
remettre tout ça en ordre, et d'y trouver sa vérité,
si toutefois il y en a une...
|