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d'Eric Faye - J'ai Lu
 
Imaginez que les américains aient été retardés par les allemands après leur débarquement de la seconde guerre mondiale, et que le point de jonction des armées alliées ait été Paris et non pas Berlin. C'est cette idée qu'exploite Eric Faye dans Parij pour nous peindre une France d'après-guerre, ou plutôt un Paris d'après-guerre partitionné par un mur comme naguère Berlin . Autour de l'histoire d'un écrivain célèbre de l'Est passé à l'Ouest, Faye reconstruit un Paris à l'image du Berlin d'il y a peu, avec la suspiscion et la propagande, avec les réalités déformées de "l'autre coté" (quel que soit le coté où l'on se place...) avec cette ambiance grise et étouffante des régimes totalitaires confronté en permanence à la subversion grossière de la démocratie d'en-face. C'est une idée splendide évidemment, qui nous donne à ressentir un peu de l'écoeurement qui devait être celui des berlinois. Une fois cette transposition effectuée, il reste tout de même à écrire un roman ; celui d'Eric Faye se traîne comme une vieille Zil. Personnages irréels et factices (ce qui en soit intéressant dans ce décor théatral de ville déchiré, mais qui n'a pas l'air d'être l'intention de l'auteur), intrigue poussive (les étapes en sont articifielles et les ressorts sortis d'un improbable chapeau) et conclusion surréaliste. Aucune motivation n'est crédible : les agents de l'Est recherchent un roman oublié de l'auteur en fuite qui pourrait déstabiliser l'Etat, le personnage principal, responsable du contrôle du courrier, protège les échanges de courrier enre l'auteur et sa maîtresse restée à l'Est par amour pour cette femme qu'il n'a jamais vu, le dictateur fait déplacer Paris pour protester contre la non-réunification (?)... Ce n'est pas tant que les idées soient mauvaises, mais plutôt que la réalisation en soit vraiment décevante. L'idée de départ était originale...tant pis.
 
PmM
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