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de Knut Hamsun
 
Etonnamment, Knut Hamsun n’est guère connu du public français, même parmi la société amateur de belles lettres. S’il est au monde une personne qui lit et Knut Hamsun et KaFkaïens, je veux bien manger ses oeuvres complètes dans le texte, au fond d’un fjord en hiver. Salué par la critique internationale en 1920 – Prix Nobel pour L’Eveil de la Glèbe, 1917 –, Knut Hamsun a, il est vrai, l’inestimable défaut d’être norvégien.

Avant toute chose, je me dois de vous avertir des dangers que présentera une telle lecture. Un être de ma connaissance vient de passer six mois, les yeux dans le vide, guettant que n’arrive l’impossible moment, celui où le soleil, enfin, vient caresser la mer sans s’y éteindre ; ce moment peut parfois durer plus de mille heures.

Pan accomplit un miracle. L’homme plus que jamais redevient animal, détenteur d’une liberté inégalée. Le soleil de minuit remplit son office : tout repère, toute dimension sont effacés, nous laissant là, au coeur d’une forêt à flanc de montagne dont les arbres ne peuvent cacher ni la mer qui s’étend à nos pieds ni le jour inépuisable. La montre du lieutenant s’est tue, le tic du tic-tac se prolonge jusqu’à l’automne, ou meurt, c’est pareil. Deux plumes de coq inatteignables, mais le reste du monde est là. J’affirme : Pan est à la Norvège ce que les Mille et Une Nuits sont au monde arabe.

Pan ne pouvait pas s’appeler autrement. C’est l’histoire d’un centaure, midt i Guds fri natur, et d’un coup de feu. L’histoire se passe dans le Nordland, en été.

 
NA
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