| |
Bon d'accord,
ce n'est ni Hypérion, ni le Poids de son regard. Sawyer
n'est pas non plus Banks, ni Brin, mais quand même. Comment un auteur
arrive-t-il à conjuguer des thèmes aussi improbablement associés que
la recherche sur le génome humain, un héros atteint de la maladie
de Huntington, une femme télépathe, une expérience de resurrection
néanderthalienne et la poursuite de criminels nazis (Mutations),
ou bien la recherche de l'âme, l'adultère, l'intelligence artificielle,
le clonage et l'interrogation sur l'au-delà (Expérience Terminale,
roman antérieur) sans sombrer pour autant dans le ridicule ? Sawyer
y réussit pourtant, et même si son écriture est souvent rapide, elle
n'est pratiquement jamais en défaut flagrant d'irréalité comme peuvent
l'être par exemple les romans de Werber ou de Crichton. Peut-être
la clé du succès est-elle justement l'utilisation de bases
scientifiques solides, sans jamais que l'intrigue n'ait à creuser
plus loin et donc à faire des hypothèses hasardeuses. Peut-être que
les romans de Sawyer sont juste des romans aux ressorts classiques,
habilement dissimulés sous un habillage scientifique particulièrement
bien réussi.
En tout cas, ses livres se lisent avec plaisir, avec désir, avec impatience
: on saute d'une page à l'autre pour savoir comment cela va se résoudre,
se terminer, pour avoir la confirmation des coups de théâtre que l'on
a pressentis (Sawyer ne masque pas vraiment ses 'révélations'). On
butine, on volette de page en page, en sautant parfois des paragraphes,
mais sans avoir l'impression de perdre quelque chose de décisif. On
lit parfois d'un oeil distrait, ou en coup de vent entre deux stations
de métro. On lit d'un oeil distrait, certes, mais sans pouvoir s'en
passer... Là est toute la réussite de Robert Sawyer. |
| |
| PmM |
|