Les trois médecins Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Martin Winckler - P.O.L.
 
Les romans de Martin Winckler se nourrissent de son expérience de médecin ; ils se nourrissent aussi de son humanisme avéré et de son regard caustique et tendre sur notre humanité. Il suffit de lire son blog pour aimer le personnage. Il suffit de lire ses romans pour aimer l'auteur. Mais ce n'est pas tout. On apprend tellement sur le métier de médecin en lisant ses romans qu'on comprend qu'il ne s'agit pas d'un métier et que très peu d'activités humaines sont si proches de l'homme, et de l'Homme. Encore faut-il avoir été à bonne école.
Dans Les trois médecins, c'est de cette école qu'il s'agit. Avec une métaphore filée tout au long du roman et très évidente (bien qu'il m'ait pris par surprise et que seule la scène du bar ait provoqué le déclic salvateur, bravo !), Winckler montre qu'apprendre à connaître les corps humains passe par l'apprentissage des hommes, ce que ne ferait pas le simple enseignement académique qui semble être pourtant le lot commun de nos futurs carabins. Une découverte de la vie dans tous ses aspects doit accompagner cette découverte de l'art médical (des tribulations initiatiques sont nécessaires, come elles l'étaient pour un certain cadet gascon). Cet apprentissage, qui est le lot de tous et de toutes, quelle que soit la profession à laquelle on se destine, prend une importante cruciale quand il s'agit de toucher au corps humain. Qui touche au corps touche à l'âme, pour faire bref. Et cela, Martin Winckler sait nous le dire.
 
PmM
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