| |
Les romans de Martin Winckler se nourrissent de son
expérience de médecin ; ils se nourrissent aussi de
son humanisme avéré et de son regard caustique et tendre
sur notre humanité. Il suffit de lire son blog pour aimer le
personnage. Il suffit de lire ses romans pour aimer l'auteur. Mais
ce n'est pas tout. On apprend tellement sur le métier de médecin
en lisant ses romans qu'on comprend qu'il ne s'agit pas d'un métier
et que très peu d'activités humaines sont si proches
de l'homme, et de l'Homme. Encore faut-il avoir été
à bonne école.
Dans Les trois médecins, c'est de cette école
qu'il s'agit. Avec une métaphore filée tout au long
du roman et très évidente (bien qu'il m'ait pris par
surprise et que seule la scène du bar ait provoqué le
déclic salvateur, bravo !), Winckler montre qu'apprendre à
connaître les corps humains passe par l'apprentissage des hommes,
ce que ne ferait pas le simple enseignement académique qui
semble être pourtant le lot commun de nos futurs carabins. Une
découverte de la vie dans tous ses aspects doit accompagner
cette découverte de l'art médical (des tribulations
initiatiques sont nécessaires, come elles l'étaient
pour un certain cadet gascon). Cet apprentissage, qui est le lot de
tous et de toutes, quelle que soit la profession à laquelle
on se destine, prend une importante cruciale quand il s'agit de toucher
au corps humain. Qui touche au corps touche à l'âme,
pour faire bref. Et cela, Martin Winckler sait nous le dire. |
| |
| PmM |
|