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Quand j'étais
petit, pendant les vacances d'été, je me délectais
certains soirs des mirobolantes aventures de la Marquise des Anges,
dont les rebondissements vus et revus gardaient toujours la même
saveur prévisible. Ah, Joffrey de Peyrac, le Rescator, c'était
l'aventure. Un peu plus tard, je dévorais les pages magiques
de Jules Verne ou d'Alfred Van Vogt, et j'y retrouvant ce souffle
épique qui me plaisait tant.
Depuis, j'éprouve toujours un grand bonheur quand je tombe
au hasard des rayonnages de ma chère bibliothèque publique
sur un livre d'aventures, et particulièrement quand ce livre
mélange les faits historiques au romanesque le plus échevelé,
ce qui est le cas du Seigneur des Damnés.
Je ne vous dévoile rien pour que vous puissiez être surpris
et enchanté comme je l'ai été (en espérant
que vous êtes sensible à ces livres comme je le suis,
sinon vous pourriez trouver ce livre aussi faux qu'un décor
de western en carton pâte), mais je vous donne quelques éléments
susceptibles de vous mettre en appétit : l'Afrique inexplorée,
des comptoirs de commerce, des intrigues de palais, un pilote de navire
anglais prisonnier des portugais, des tribus sauvages en guerre, des
femmes lascives ou amoureuses, des expéditions dangereuses,
de l'or, des fièvres, des festins, des batailles, la force
et l'intelligence, des mousquets, des arcs, des navires, le craquement
des mâts, la savane, l'herbe jaune qui ondule sous la chaleur,
des fauves, la chair humaine qui mijote,
des prêtres en soutane et d'autres nus, des cérémonies
barbares, des prisons, des cachots, l'air du large, des vapeurs méphitiques...
Et par dessus tout,
le souffle, le souffle, le souffle de Silverberg dont on ne dira jamais
la maîtrise du conte, des rebondissements et des péripéties.
Finalement, les livres qui vous laissent navrés de quitter
leur héros sont peu nombreux : le Seigneur des Damnés
en fait partie.
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| PmM |
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