Le coiffeur du Splendid Hôtel Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Patrick Rödel - Confluences
 

Parler de la Mort n'est rien ; évoquer la vieillesse sans pontifier est bien plus difficile. Et si l'on triche sur l'âge des vieux comme le font sans vergogne la plupart des auteurs, si l'on pare de cheveux blancs des héros survoltés capables de milles prouesses (tout le monde n'est pas Théodore Monod), on passe à coté d'un humour noir dont la vertu première est de nous réconforter : les inconvénients, les tragédies de la vieillesse n'ont pas à être cachées, car on peut rire et s'émouvoir d'elles comme on rit et l'on s'émeut de la Mort.
Patrick Rödel illustre avec virtuosité les dégâts du temps qui passe sur nos pauvres carcasses dans ce recueil de nouvelles : la mémoire qui flanche, l'obligation du deuil, la retraite, la solitude, la religion, la vie qui démarre parfois enfin au seuil de la mort... ses nouvelles sont autant de petits bijoux drôles, émouvants, étonnants, voire subversifs.
Les personnages de ces nouvelles sont souvent indistincts, ballottés par les événements ; mais par un retournement magique initié par l'écriture précise de l'auteur, on s'approprie, on s'identifie à la souffrance, à l'espoir, aux difficultés de ces vieux improbables. On partage l'inénarrable odyssée du père de Flora en plein naufrage de la mémoire, on jubile devant les interrogations spirituelles de cette femme qui perd le sommeil en changeant chaque mot de sa prière favorite, on apprécie la vie inversée de ce rentier qui sort de sa retraite pour travailler..
Lisez ces nouvelles...et vous verrez les vieux d'un autre oeil quand vous les bousculerez en descendant quatre à quatre l'escalier de votre immeuble.

 
PmM
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