La vie des insectes Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Viktor Pelevine - Points
 
Quel livre étrange que cette Vie des insectes ! La collection de personnages qui composent les fragments d'histoires de ce roman sont autant d'insectes virevoltant autour d'une lumière hypnotique, dans une station balnéaire que l'on devine aussi décrépie qu'une station de sous-marins nucléaires dans la mer de Barents. Et tous ces hommes / insectes en proie aux vertiges d'une humanité à la dérive, sans but, sans d'autre horizon que le lendemain ! Comme des insectes éphémères. Et Viktor Pelevine exploite cette métaphore jusqu'au bout de la carapace. Ses personnages sont véritablement des mélanges d'hommes et d'insectes, dans un kaléidoscope surnaturel de sensations et d'actions successivement propres au monde des hommes et à celui des petites bêtes toujours un peu répugnantes. Deux russes et un américain se transforment en moustiques, puis apparaissent tout au long du roman mi-homme, mi-insectes, sans que l'on puisse savoir ce qu'ils sont. Ce qui est troublant, c'est qu'ils ne sont franchement ni l'un, ni l'autre. Avec cette technique, Pelevine parvient à trouver un ton particulièrement percutant pour décrire la dérive de la Russie moderne, le sauve-qui-peut général des russes acculés à la pauvreté, l'effondrement complet des structures de l'Etat, l'individualisme de survie qui achève de détruire les liens de solidarité. Et le résultat est assez déprimant. Donc assez réussi, s'il s'agit de nous faire ressentir ce que peuvent ressentir les russes.
 
PmM
Oh Oui ! vos réactions Ah Non !
Voir les autres textes de cet auteur - Envoyer ce texte à un ami
KaFkaïens Magazine - Tous droits réservés