L'angoisse du banc de touche au moment du coup d'envoi Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Jean-Bernard Pouy - Baleine
 
Jean-Bernard Pouy est un maître de la nouvelle. Courtes, raffinées, précises, huilées comme de petites machines indépendantes logées dans le même capot. Indépendantes ? Pas vraiment, puisque les thèmes et les perspectives différents n'empêchent pas les préoccupations de rester les mêmes : désespoir devant l'injustice, compréhension de la révolte, douleur devant la saloperie des hommes, déception de nos propres faiblesses. Tout cela passe légèrement, comme un parfum tenace et ténu sous les mots, sous les histoires magnifiques, lyriques ou sordides, improbables ou tragiquement réalistes.
Le sordide est d'ailleurs générateur des nouvelles les plus prenantes, surtout quand il est vu à travers le filtre de la conscience d'un banc de touche malmené par les acteurs crétins d'un match de foot, ou à travers l'errance pleine d'hésitation d'un taulard chargé de retrouver un amour enfui, ou bien encore enfoui dans le mystère d'une machination mystérieuse et italienne. Dans sa description poétique ou onirique du réel, Pouy me fait penser à Prado, l'auteur espagnol de bandes dessinées. Et les textes de Pouy ont souvent cette force d'expression qui ajoute à l'histoire les sensations du réel, comme les couleurs pastels de Prado vous rattachent à vos souvenirs enfuis, le vert odorant de l'herbe d'une prairie, le moutonnement de l'écume sur une vague, l'odeur forte du bitume surchauffé.
Poésie des mots et des images qui n'efface pas le propos, vous aurez deviné que j'aime beaucoup les nouvelles de ce recueil.
 
PmM
Oh Oui ! vos réactions Ah Non !
Voir les autres textes de cet auteur - Envoyer ce texte à un ami
KaFkaïens Magazine - Tous droits réservés