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Jean-Bernard
Pouy est un maître de la nouvelle. Courtes, raffinées,
précises, huilées comme de petites machines indépendantes
logées dans le même capot. Indépendantes ? Pas
vraiment, puisque les thèmes et les perspectives différents
n'empêchent pas les préoccupations de rester les mêmes
: désespoir devant l'injustice, compréhension de la
révolte, douleur devant la saloperie des hommes, déception
de nos propres faiblesses. Tout cela passe légèrement,
comme un parfum tenace et ténu sous les mots, sous les histoires
magnifiques, lyriques ou sordides, improbables ou tragiquement réalistes.
Le sordide est d'ailleurs générateur des nouvelles les
plus prenantes, surtout quand il est vu à travers le filtre
de la conscience d'un banc de touche malmené par les acteurs
crétins d'un match de foot, ou à travers l'errance pleine
d'hésitation d'un taulard chargé de retrouver un amour
enfui, ou bien encore enfoui dans le mystère d'une machination
mystérieuse et italienne. Dans sa description poétique
ou onirique du réel, Pouy me fait penser à Prado, l'auteur
espagnol de bandes dessinées. Et les textes de Pouy ont souvent
cette force d'expression qui ajoute à l'histoire les sensations
du réel, comme les couleurs pastels de Prado vous rattachent
à vos souvenirs enfuis, le vert odorant de l'herbe d'une prairie,
le moutonnement de l'écume sur une vague, l'odeur forte du
bitume surchauffé.
Poésie des mots et des images qui n'efface pas le propos, vous
aurez deviné que j'aime beaucoup les nouvelles de ce recueil. |
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| PmM |
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