La fin d'une liaison Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Graham Greene - 10x18
 

Sur Graham Greene et sur La fin d'une liaison je ne veux rien dire, parce que Greene me semble encore trop inaccessible pour pouvoir en parler bien et que ce roman recèle encore trop de mystères pour ma faible connaissance de cet auteur. Je veux juste attirer votre attention sur un fait essentiel de ce roman, sur le rendu exact d'une émotion amoureuse, si profondément vraie qu'elle vous laisse stupide d'être ainsi découvert et pour tout dire, d'être si banal qu'un auteur ait pu écrire ainsi ce qui vous semblait jusqu'ici le plus intime des sentiments. Non pas que j'ai jamais eu la naïveté de le croire, et encore moins que j'ai conservé l'espoir d'une quelconque originalité en ce domaine.
Comme nous tous, et je m'adresse bien sûr ici aux hommes avant tout, vous avez subi une de ces ruptures flamboyantes dont la survenue vous laisse hagard et profondément malheureux. Et vous savez comme moi les transports de l'amour qui meurt dans la souffrance, les interrogations torturantes, les espoirs près du téléphone, la jalousie que plus rien ne justifie mais qui continue à vous faire souffrir, les doutes qui s'envolent au son inattendue de la voix aimée et le désespoir quand cette voix s'éteint, l'espérance folle dans un renouveau improbable pour un mot ou une lettre, et les interprétations à qui l'on donnent à toute force plus de sens qu'elles n'en ont, ou bien le sens que l'on veut. Oui, je veux bien parler de cette lente et insupportable agonie de l'amour. Et bien sachez que Graham Greene la transpose et la décrit dans ce roman avec une force et une justesse qui ne manqueront pas de vous faire frémir en vous rappelant des souvenirs désagréables, et de vous renvoyer à ce temps misérable où vous souffriez pour rien. Graham Greene est encore plus précis et plus vrai que Mario Soldati , dans Les lettres de Capri. Encore que le charme douceureux et amer du roman soit terni par la révélation que la femme aimée soit toujours amoureuse du personnage principal, ce qui n'est évidemment jamais le cas pour nous. Quant aux femmes... j'aimerais bien qu'une lectrice me donne le titre d'un livre dont elle pense qu'il décrit le mieux les tourments de l'âme d'une femme dont l'amour est en train de fuir.

 
PmM
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