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Un livre sur
les cocktails. Quelle littérature ! Ce nest même
pas une de ces histoires circonstanciées de linvention
des mélanges alcoolisés qui dailleurs se ressemblent
toutes, avec les mêmes anecdotes improbables de dandys miteux
affalés dans les bars hors de prix de grands hôtels,
ou décrivains bourgeois soutenant le bar de pays colonisés.
Non, rien de
tout cela. Ceux dentre vous qui suivent les péripéties
de notre fauteuil en velours brun savent que quatre éléments
doivent être réunis pour que la lecture dun livre
soit une réussite : un fauteuil en velours, un chat, un feu
et un cocktail. Ces éléments bien sûr étant
interchangeables à volonté avec la banquette dure
dun train de banlieue, un chien, les rayons du soleil et un
cocktail. Ou bien un transat, le bruit des cigales, lodeur
du thym sous le soleil et un cocktail. Ou bien encore un siège
de neige sous les sapins, un lièvre affolé qui traverse
létendue vide devant vous, la chaleur froide du soleil
clair réfléchi par la blancheur du sol et un cocktail
mis à refroidir dans son shaker dinox dans cette incomparable
glace pilée naturelle. Vous voyez le topo
comment lire
sans boire ? A ceux qui prétexteraient que lapologie
de lalcool na rien à voir avec la lecture, je
naurais pas dautres réponses que de tendre un
Drunk Bizoo et un Lawrence Block, ou bien un Pisco Sur et un David
Brin. Et je gage que le rapport entre ce livre de cocktails et la
littérature sétablirait bien vite.
Cest un
fort bon livre, au demeurant. Parce que toutes les recettes classiques
(entendez « éprouvées » et non pas «
traditionnelles ») y figurent, accompagnées chacune
dune variante rigolote. Variantes que nous explorons assidûment,
les soirs de réunions littéraires.
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