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Dans ce court
roman, Wilson nous fait découvrir une extraordinaire planète
où la vie, fruit d'une évolution compétitive
beaucoup poussée que sur la terre, se révèle
mortelle pour l'homme, obligé pour l'explorer à un confinement
particulièrement rigoureux. Une exploratrice modifiée
génétiquement est envoyée pour essayer de percer
les secrets de ce monde, ce qu'elle réussit plus ou moins à
faire. Cette intrigue posée, Wilson nous régale de fils
narratifs croisés et de détails techniques qui rendent
son livre efficace, au meilleur sens des grands romans de la hard-science,
bien qu'il n'entre jamais dans un grand niveau de détails.
Les histoires personnelles des personnages, même abordées
brièvement, permettent d'établir brillamment un aperçu
de la civilisation humaine telle qu'il l'imagine dans ce roman. C'est
très bien, passionnant, et l'on est quelque peu déçu
qu'il ne creuse pas plus pour établir une vraie fresque galactique.
Dans ce type de roman de SF, l'interpénétration de la
science et de l'imagination constitue souvent le véritable
intérêt. Quel futur ingénieur n'a pas rêvé
en lisant les descriptions de Jules Verne ? Qui n'a pas été
enthousiasmé par les visions prophétiques de Neal Stephenson
?
Et c'est peut-être ce qui pèche dans le livre de Wilson,
comme souvent dans nombre de romans de hard-science actuels : le complexe
de culpabilité que traînent ces auteurs à propos
de ce qu'ils font les amène à considérer leurs
livres incomplets s'ils ne les rattachent pas à une "philosophie"
quelconque. En débitant des platitudes dignes de mes dissertations
de philosophie de terminale, ils pensent donner à leurs oeuvres
la touche finale qui les distinguent des autres romans. Ils ne sont
que lassants, comme la fin du livre de Wilson, qui se perd dans des
considérations sur une hypothétique vie des planètes
dont la terre aurait été exclue, la vie sur terre ayant
perdu une sorte de lien spirituel avec la vie galactique. Ennuyeux
et lassant, d'autant que cela se répète avec pratiquement
tous les auteurs, et que l'on assiste à un défilé
ininterrompu de révélations sur le pourquoi de l'humanité.
Et je ne parlerai même pas de Bernard Werber. Bref, pour en
revenir au livre de Wilson, les deux cents quatre vingt premières
pages (sur trois cents) sont très, très agréables
à lire. |
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| PmM |
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