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| J'en entends
déjà me dire : " Encore un bouquin sur un poète
cubain opprimé ". Ben oui. Ca, je peux pas le nier. C'est
effectivement un bouquin sur un poète cubain opprimé.
Et si ça vous empêche de le lire, c'est bien dommage.
Si vous aimez les livres inlâchables, en voilà un. Avec
celui-là, vous risquez fort de louper la fête de ce soir,
de débrancher le téléphone, d'y passer une partie
de la nuit et d'être en retard au boulot demain matin. C'est
simple et limpide. Je ne dirais pas que ça parle de la vie.
Ca parle essentiellement de celle de l'auteur, et croyez-moi, c'est
pas n'importe quelle vie. En tous cas, grâce à Dieu qui
Se fout de nos existences comme de Sa première Sainte Culotte,
c'est pas la mienne. J'ai ri, je n'ai pas pleuré mais ça,
c'est uniquement parce que boys don't cry, j'ai failli vomir un moment,
j'ai pris un ou deux coups bas dans l'estomac. D'autant que, au passage,
Arenas assassine tranquillement un de mes écrivains favoris,
Garcia Marquès, en le traitant de "simple imitateur de
Faulkner", d'"opportuniste ", même s'il lui reconnaît
"par moments, un certain brio ". J'ai mis ça sur
le compte de leur désaccord au sujet de Castro. Et là,
il faut bien reconnaître qu'Arenas a raison. Mais bon. Il ne
s'agit pas de ça. Il ne s'agit pas d'un pamphlet contre Castro.
Il s'agit juste d'un livre inlâchable, limpide, envoûtant,
incroyable, drôle, triste, choquant. Je pourrais vous gratifier
d'une demi-douzaine d'adjectifs supplémentaires. Lisez-le,
vous les trouverez vous-même. Et si, dans la demi-douzaine,
vous trouvez le moyen de me mettre " emmerdant ", alors
là, je ne vois que deux hypothèses : ou vous êtes
de mauvaise foi, ou vous n'avez pas de goût. Laissez tomber
la littérature et achetez plutôt un bon vieux Philippe
Sollers. |
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| FXS |
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