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de Robert Harris - Pocket
 

Toujours à l'affût des romans mélangeant les faits historiques, l'histoire contemporaine, un soupçon de technique et la fiction, je me suis jeté sur le dernier Thomas Harris dès que je l'ai vu en rayonnage. Il faut dire que Fatherland avait été une réussite (ce roman se déroulait après la deuxième guerre mondiale, dans le contexte d'une allemagne nazie victorieuse) et qu'Enigma m'avait séduit par la technicité déployée dans la description de ce que l'on pourrait appeler l'aventure du chiffrage. Il faut dire également que je n'en étais pas à mon premier Michael Crichton ou Bernard Werber (pour éviter de me faire lyncher par mes petits camarades de rédaction, je vais limiter mon éloge de Werber à ses deux premiers livres). Et donc une histoire mêlant les secrets inédits de l'histoire de l'URSS, aux aventures d'un historien en quête d'un hypothétique carnet secret de Stalien me semblait prometteur, et je me réjouissais de retrouver cette ambiance des romans d'expionnage de la guerre froide, jamesbondesque à souhait, totalement irréelle, mais tellement agréable.
Malheureusement, Archange est d'un niveau très médiocre. Les fameux carnets de Staline, vite retrouvés dans la plus totale invraisemblance, contiennent un secret que l'on devine en quelques pages, et que l'auteur met plusieurs chapitres à dévoiler, comme s'il avait du tirer en longueur pour remplir son quota de pages. Ce pitoyable secret, c'est l'existence d'un fils secret de Staline qui pourrait faire basculer à nouveau la Russie éternelle dans l'horrible fléau du communisme (à ce sujet, on ne peut pas en vouloir à l'américain Harris d'avoir une idée biaisée du communisme qu'il met sur le même plan que le stalinisme, je vous conseille plutôt de lire Le siècle des communismes aux éditions de l'Atelier). Ce dont Harris a envie, dans ce livre, c'est de faire ré-apparaître Staline, sa grande terreur. Et il fait tout pour cela, sombrant dans le ridicule plus d'une fois. Pour justifier LA scène où apparaît Staline, il imagine que son fils a vécu reclus au fond d'un bois, ressassant les discours de son père, élevé par des soldats, et qu'il porte son uniforme, et qu'il aime bien porter la même moustache que son papa. En plus, c'est un surhomme à la Hannibal Lecter, incroyablement rapide et silencieux. Comment dire ? C'est complètement débile. Pas la peine de lire ce livre.

 
PmM
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