Le cochon, Lucienne et le fils du fermier Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
Un cochon grassouillet près du poids idéal
S'empiffra tout l'été de glands et d'épluchures.
Négligeant l'exercice, mangeant peu de verdure,
Il approcha bientôt du quadruple quintal.

A la ferme, Richard, le jeune fils du fermier,
Surveillait de près le Singularis porcus ;
Et tandis que brillait au firmament Phébus,
Rêvant de charcuteries d'hiver, il salivait.
"Continue, mon cochon, criait le jeune Richard,
Encore six mois comme ça et je mangerai ton lard !
Mais que peut-on attendre de meilleur de la vie ?
Quand on est né cochon, on meurt charcuterie !
Maman me dit que c'est parce que tu es très sale,
Que quand on se lave pas, ça peut finir très mal.
Si tu t'étais brossé la couenne tous les matins,
Tu n'en serais pas là."

"Je pue, c'est mon destin,
Répondit le cochon que Richard énervait.
Mais si j'étais un gosse dans la belle fleur de l'âge,
J'emploierais les beaux jours des vacances d'été
Avec la jeune voisine à perdre mon pucelage,
Au lieu de rester là à baver sur ma couenne !
Avec ton menton plein de merde et de salive,
Elle ne te laissera pas l'embrasser, la Lucienne...
D'ailleurs je l'ai surprise pas plus tard qu'avant-hier
A fouiller la braguette du plus jeune de tes frères.
Tu n'as rien vu, Richard, tu n'avais d'yeux que pour
Mon rose appétissant, mes grassouillets contours."

Tout penaud, le sale gosse courut vers le miroir :
"Dis-moi que le plus beau, c'est bien moi ! C'est Richard !"
"Beuark, fit le miroir. Le plus beau c'est tonton !
C'est bibi, c'est myself ! Torche-toi le menton
Si tu veux que je puisse seulement te contempler...
Tu veux me faire vomir ? T'es trop sale et trop laid."
Honteux, confus, l'enfant sortit son grand mouchoir
Brodé à son prénom, en fils rouges, "Richard",
Et avant d'aller voir Lucienne dans le garage
Se frotta tant qu'il put tout le bas du visage.

Moralité : S'essuie kid Dick, yeah !

 
 
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