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« Distance 60 000 km, capitaine. Parés à entrer en orbite stationnaire.
- Où se trouve Kaalah pour le moment ?
- A environ 35 degré ouest. Notre orbite devrait nous placer pratiquement dessus.
- Parfait. Attendez mon signal, navigateur. Je monte au périscope. »
Le capitaine coupa la communication avec la passerelle. Pivotant sur son siège, il se retourna pour héler la fillette.
« Petite, si tu veux venir voir, c’est le moment. »
Elle leva les yeux vers son père qui se tenait derrière elle, la main posée sur son épaule.
« Oh papa, je peux, dis, je peux ?
- Vous êtes sûr que ça n’est pas dangereux ?
- Une fois qu’on sera arrimés ça n’est pas plus dangereux là-haut que dans la carlingue, vous savez. Si vous êtes certain qu’elle peut supporter la vue de l’espace, le reste ... »
Le père fit la moue.
« Ca vous embête si je monte avec elle ? 
- Pas de problème ! On peut caser jusqu’à huit gars au périscope, et à part moi, y’a jamais personne.
- OK. Dans ce cas, allons-y »
Entendant cela, Yasmina se mit à faire des bonds et à pousser des cris de joie. Le capitaine sourit dans sa barbe blanche tandis que le père tentait de modérer son enthousiasme.
Le périscope était une petite salle circulaire située au sommet du Ville de Boulogne, un cargo d’un modèle ancien affrété par la STEPCO. En plus de ses commandes en biens d’équipement, il transportait les rares passagers voyageant vers les planètes périphériques de la station secteur VII A, plaque tournante du commerce dans cette partie de la galaxie.
Lorsqu’il se fut assuré de la sécurité de Yasmina et de son père, le capitaine prit place devant la console de communication, une réplique réduite de celle qu’ils avaient vu dans la timonerie. Il pressa un bouton, et les panneaux de la coupole coulissèrent, découvrant la nuit sidérale trouée de l’éclat fixe des étoiles. Sur sa droite, Yasmina apercevait un corps blanchâtre, un semblant de sphère criblé de profonds cratères, qui lui apparaissait à peine plus gros qu’un ballon de plage.
« C’est ça, Ahmad ? demanda-t-elle, un peu déçue.
- Non, petite. Ca, c’est Tropca V, l’une de ses quatre lunes. Au fait, si vraiment vous êtes pour rester ici, vaut mieux vous habituer dès maintenant aux appellations locales. Les habitants d’Ahmad l’appellent Biad, le Blanc. Ahmad se trouve encore au dessous de nous pour le moment. Tu vas la voir dès qu’on aura retourné le vaisseau.
- Le Blanc ... ? interrogea le père.
- Ahmad est dotée de quatre petites lunes du même genre, gravitant assez bas, et dont les effets de marée sont très importants sur la planète. Quand elles entrent en conjonction, les dégâts qu’elles commettent sont tels que les habitants leur ont donné le nom des quatre couleurs des cavaliers de l’Apocalypse : Biad, Ahmarr, Khâll, Akhdarr ; le Blanc, le Rouge, le Noir et le Verdâtre. 
- Et ben l’endroit m’a l’air attrayant, dites-moi. Les quatre cavaliers de l’Apocalypse...
- Ah, ça, mon bon monsieur, on ne peut pas dire que vous ayez choisi la planète la plus simple pour y vivre. Un vaisseau comme le mien n’a même pas l’autorisation d’y atterrir. Turbulences trop fortes. Ils craignent un accident fatal s’ils laissent entrer des appareils spatiaux dans leur atmosphère. Et franchement, ça me va comme ça. Je ne suis pas très motivé pour diriger la manœuvre dans cet enfer.
- Mais comment allez-vous faire pour nous déposer ? Et votre fret ? Il faut bien le décharger aussi ?
- On se contente de s’arrimer à la station orbitale qui se trouve en orbite géostationnaire au-dessus de Kaahla. De là, des petits appareils se chargent du transit. Ne vous inquiétez pas. Pour des visiteurs dans votre genre, je pense qu’un véhicule sera là à notre arrivée. Vous n‘aurez pas à passer la nuit sur place en attendant la prochaine navette. »
 
FXS
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