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| En dix ans d’existence,
nous n’avons pas tellement modifié l’apparence
de notre mise en page. Il faut dire que le souci de conserver à
nos pages un poids restreint pour faciliter le téléchargement
ne nous a jamais incités à des orgies de pixels ; pour
les plus jeunes d’entre vous, il faut savoir que la connexion
à internet se faisait il n’y a pas si longtemps de ça
par l’intermédiaire d’un modem qu’il fallait
activer pour se connecter et désactiver à la fin de
la connexion. Ce modem était d’une lenteur insupportable
par rapport à nos connexions ADSL ou câble actuelles.
Dès nos débuts, ce thème est revenu régulièrement
au centre de nos débats pour savoir s’il fallait céder
aux sirènes de l’esthétisme au détriment
de la rapidité (à l’époque, on pouvait
devenir fou en attendant le chargement d’une page trop chargée
de graphismes).
Mais bon, cela
n’excuse pas tout : notre premier logo s’inspirait bizarrement
de… mais de quoi au juste ? Nul ne le sait désormais.
Il conférait à notre magazine un je ne sais quoi de
national-socialiste mâtiné de pizzeria ouverte 24 heures
sur 24. Le célèbre fond noir utilisé pour l’ensemble
des textes renforçait le côté dramatique de
notre mise en scène (nos plus anciens lecteurs ont généralement
des problèmes de vue désormais) dans un paradigme
de références esthétiques tirés de la
couleur préférée des tee-shirts des designers
du magazine (on vous a cependant épargné les tags
« no future » et autres crânes chevelus sur fond
de guitare électrique).
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| Ce
fond noir, nous ne l’avons pas abandonné lors de notre
première mutation graphique, essentiellement axée sur
le changement de logo et sur une navigation transversale (nos lecteurs
regrettant unanimement l’impossibilité d’accéder
facilement aux textes des anciens numéros dans une même
thématique ainsi que les têtes de mort chevelues). Notre
nouvelle graphie, légère, aérée, primesautière,
malheureusement plombée par le même fond noir apocalyptique,
ouvrait cependant la voie à une évolution quasiment
marketing du look KaFkaïens. |
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| Notre
deuxième mutation graphique allait sonner le glas du fond noir
: devant le vieillissement marqué de notre public (et de nos
auteurs), nous adoptions l’écriture en noir sur fond
blanc, bien plus facile à lire. L’arrivée massive
des abonnements haut-débit favorisait également le renforcement
graphique du design, avec l’adoption de puces multicolores que
ne renierait pas un clown vivant dans un chenil. Bien que conservant
la même graphie, notre logo vint se nicher dans un nid à
puces du même acabit, tout en consacrant le passage sur fond
blanc. |
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Notre
devise restait tout de même indissociable du logo proprement
dit, le concept de non-interactivité résumant à
lui seul la dimension spéciale de notre évolution graphique
résolument restée à l’écart du chic
et du toc, « gravement roots » pour reprendre les mots
du plus jeune de nos auteurs (qui a été exclu depuis).
Et le futur ? Si notre devise ne nous protégeait pas, nous
nous tournerions sans doute vers ces nouveaux logos symboles du web
2.0, avec l’obligation d’intégrer une police simple,
des lettres de couleur différente, une version «beta»,
un copyright et un symbole groovy pour nous représenter (regardez
bien, je vous jure qu’ils sont tous comme ça, flickr,
technorati, bittorrent, blinklist…). Cela donnerait à
peu près ça : |
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| Heureusement
que nous restons à l’abri de ces modes passagères
! La non-interactivité a parfois du bon, puisque nous n’avons
pas cessé de le répéter, la forme n’est
rien sans le fond et mieux vaut l’humilité que l’égo
(poil au logo). |
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| PmM |
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