1er
janvier 1997 : sortie du premier numéro.
Le graphisme est sobre et élégant (quoique le titre
en jaune et rouge sur fond noir soit un tantinet criard), le contenu
plein d'entrain. Le magazine est structuré de façon
classique autour de rubriques telles que : nouvelles, poésie,
carnets de voyages ou critiques de livres. A notre grande surprise,
des lecteurs que nous ne connaissons pas paraissent intéressés.
C'est le début de la gloire : suite à une série
de portraits de nains de jardins dépressifs (textes toujours
non attribués à ce jour), Emmanuel Martin explique
doctement devant les caméras incrédules de l'émission
Netsurf, sur la chaîne MCM, que le grotesque intrinsèque
de la condition de nain de jardin est la plupart du temps le résultat
d'une vie brisée. L'intervention est fort heureusement coupée
au montage. Ce fut là notre unique et cruelle rencontre avec
les media.
Le second numéro voit se joindre à l'équipe
trois recrues ardennaises : Laurent Nicolas, Arnaud Schmolinski
et François-Xavier Smeets. Le noyau dur de la rédaction
est constitué.
1998
: création de l'Atelier de Pièces Détachées
Pour Œuvre de Fiction Littéraire.
Cette rubrique contient toutes les expérimentations textuelles
ou visuelles des auteurs, elle devient le cœur du magazine,
ou le cerveau, comme vous voulez. En tous cas, pas le foie.
C'est aussi l'année du premier numéro à thème,
un spécial Noël, suivi d'un second spécial érotique
largement racoleur. La proposition du Rédacteur en Chef d'adjoindre
un gadget au magazine est repoussée à un numéro
ultérieur. La construction des numéros autour d'un
thème donné deviendra systématique quelques
mois plus tard.
1999
: les expériences de littérature hypertextuelle et
d'interfaces littéraires sont soutenues dans les articles
de fond de la rubrique Technologie et Humanisme. L'équipe
explore individuellement et collectivement ces nouvelles possibilités
théoriques, surtout au niveau des recettes de cocktail. Les
contributions de lecteurs et les nombreux mails reçus finissent
de nous convaincre que nous ne sommes plus seuls. Le travail est
régulier et efficace. Seule l'inquiétante obsession
du Rédacteur en Chef pour les teckels perturbe la dynamique
du magazine (les teckels, objets d'admiration, sont nos horripilantes
mascottes depuis le second numéro). Olivier Balmat intègre
le Comité de Rédaction.
2000
: les expérimentations de nouvelles collectives, légères
ou engagées, sont nos sujets principaux de réflexion.
Le numéro dédié à la Mort plonge toute
l'équipe dans une sévère dépression
qui perturbe légèrement le rythme de parution. Celui
consacré à l'Effort nous permet de nous relancer.
2001
: KaFkaïens Magazine est choisi par l'artiste Maraval
pour son exposition "Les mille pionniers de l'Internet en France",
réalisée sous le patronage de l'UNESCO. A nous la
gloire, les réceptions de Monsieur l'Ambassadeur et les mirobolants
Ferrero Rocher. Nous sommes pris en photo individuellement, puis
on nous propose d'acheter des tapis de souris et des tasses à
café ornées de notre portrait. Légère
déception dans l'équipe.
2002
: La rédaction accueille deux nouveaux membres talentueux
: Daniel Hermosin et Paul Van Kieu. Ils sont soumis aux nouvelles
règles d'intronisation en vigueur : ils doivent jurer de
consacrer leur vie à la grandeur du magazine et écrire
en guise de serment une ode à la gloire des teckels qu'ils
doivent déclamer déguisés en varans du Komodo
devant les autres membres de la rédaction. Une fois acceptés,
on leur rase la tête.
2003
: la rédaction presque au complet se réunit pour la
première Convention Internationale du magazine à Lisbonne
pendant une semaine. Le Portugal menace de quitter l'Union européenne.
KaFkaïens Magazine est choisi par le Centre national
du livre et le Ministère de la culture pour participer à
la version Internet de l'opération Lire en Fête.
Le succès est mitigé en termes de rencontres et d'audiences,
mais la structure technique mise en place pour la nouvelle collective
en temps réel Les livres de sable, spécialement
mise au point à cette occasion, ouvre un nouvel espace narratif
pour l'Atelier.
2004
: création d'une nouvelle rubrique, Pile de Bouquins, qui
offre à nos lecteurs un avis péremptoire sur les livres
que nous lisons. C'est près de quatre cents titres que KaFkaïens
Magazine conseille ou déconseille sans être soumis
à la pression de l'actualité littéraire.
La préparation du numéro spécial Infini, qui
marque l'entrée de KaFkaïens Magazine dans
sa huitième année, bat son plein avec notamment la
future parution d'une nouvelle collective fondée sur le principe
d'une mise en abyme de tous les numéros parus. Enfin, au
début, ça devait être ça. Ou pas loin.
2005
: arrivée au sein de la rédaction d'Alexandra Mahdy,
qui décide, à l'instar du magazine, de paraître
aléatoirement. Les ruses déployées par la rédaction
pour s'assurer de sa présence aux réunions sont sans
fin. Peu marchent. Un projet de trappe à ours dans le 18ème
arrondissement est à l'étude.
Les numéros de l'année ont des thèmes guillerets
(honte, obscène...) et ce n'est pas la splendide nouvelle
à rôles The call of KafKa, réalisée
pour l'édition de Lire en Fête, qui va nous
remonter le moral : tous les personnages y meurent dans d'atroces
souffrances. Le maître du jeu de cette expérimentation
littéraire est puni pour sa cruauté : on l'oblige
à rédiger la biographie du magazine.
2006
: dès le 1er janvier, l'équipe commence à préparer
les festivités pour les 10 ans de KaFkaïens
: le Rédacteur en Chef met au point un numéro de dressage
de teckels. Pendant une répétition, il se blesse en
glissant sur une baballe (il prétendra dans son délire
à l'hôpital que c'est Hercule, un mâle de six
ans, qui lui a fait un croche-pattes) et doit céder sa place
: chaque numéro aura un rédacteur en chef désigné
collégialement. Laurent Nicolas est le premier à s'y
coller : il s'enfuit en Inde peu avant la mise en place du numéro.
La rédaction mène l'enquête et finit par le
retrouver au bout d'un mois, employé dans un salon de coiffure
de Pondichéry. Il est ramené de force pour le bouclage.
Les préparations des festivités reprennent de plus
belle. Puis la totalité de la rédaction s'enfuit en
Inde avant le bouclage de ce numéro qui a donc entièrement
été écrit par des teckels.