Biographie Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
1996
Conception de KaFkaiens Magazine par Pierre-Marie et Emmanuel Martin. Le premier finit ses études d'ingénieur, le second rentre en khâgne. Ils se jalousent mutuellement (le premier voudrait s'habiller tout en noir, le second surfer impunément sur des sites pornographiques) et décident de mélanger technique et littérature pour se débarrasser une bonne fois pour toutes des étiquettes "littéraire" et "scientifique" dont leurs parents s'entêtent à les affubler. Recrutement d'un premier collaborateur, Xavier Hermosin, qui pose comme condition pour son entrée dans le collectif l'ajout d'un "s" à "KaFkaïen". Ce sera d'ailleurs sa seule participation à ce numéro.

1er janvier 1997 : sortie du premier numéro.
Le graphisme est sobre et élégant (quoique le titre en jaune et rouge sur fond noir soit un tantinet criard), le contenu plein d'entrain. Le magazine est structuré de façon classique autour de rubriques telles que : nouvelles, poésie, carnets de voyages ou critiques de livres. A notre grande surprise, des lecteurs que nous ne connaissons pas paraissent intéressés.
C'est le début de la gloire : suite à une série de portraits de nains de jardins dépressifs (textes toujours non attribués à ce jour), Emmanuel Martin explique doctement devant les caméras incrédules de l'émission Netsurf, sur la chaîne MCM, que le grotesque intrinsèque de la condition de nain de jardin est la plupart du temps le résultat d'une vie brisée. L'intervention est fort heureusement coupée au montage. Ce fut là notre unique et cruelle rencontre avec les media.
Le second numéro voit se joindre à l'équipe trois recrues ardennaises : Laurent Nicolas, Arnaud Schmolinski et François-Xavier Smeets. Le noyau dur de la rédaction est constitué.

1998 : création de l'Atelier de Pièces Détachées Pour Œuvre de Fiction Littéraire.
Cette rubrique contient toutes les expérimentations textuelles ou visuelles des auteurs, elle devient le cœur du magazine, ou le cerveau, comme vous voulez. En tous cas, pas le foie.
C'est aussi l'année du premier numéro à thème, un spécial Noël, suivi d'un second spécial érotique largement racoleur. La proposition du Rédacteur en Chef d'adjoindre un gadget au magazine est repoussée à un numéro ultérieur. La construction des numéros autour d'un thème donné deviendra systématique quelques mois plus tard.

1999 : les expériences de littérature hypertextuelle et d'interfaces littéraires sont soutenues dans les articles de fond de la rubrique Technologie et Humanisme. L'équipe explore individuellement et collectivement ces nouvelles possibilités théoriques, surtout au niveau des recettes de cocktail. Les contributions de lecteurs et les nombreux mails reçus finissent de nous convaincre que nous ne sommes plus seuls. Le travail est régulier et efficace. Seule l'inquiétante obsession du Rédacteur en Chef pour les teckels perturbe la dynamique du magazine (les teckels, objets d'admiration, sont nos horripilantes mascottes depuis le second numéro). Olivier Balmat intègre le Comité de Rédaction.

2000 : les expérimentations de nouvelles collectives, légères ou engagées, sont nos sujets principaux de réflexion. Le numéro dédié à la Mort plonge toute l'équipe dans une sévère dépression qui perturbe légèrement le rythme de parution. Celui consacré à l'Effort nous permet de nous relancer.

2001 : KaFkaïens Magazine est choisi par l'artiste Maraval pour son exposition "Les mille pionniers de l'Internet en France", réalisée sous le patronage de l'UNESCO. A nous la gloire, les réceptions de Monsieur l'Ambassadeur et les mirobolants Ferrero Rocher. Nous sommes pris en photo individuellement, puis on nous propose d'acheter des tapis de souris et des tasses à café ornées de notre portrait. Légère déception dans l'équipe.

2002 : La rédaction accueille deux nouveaux membres talentueux : Daniel Hermosin et Paul Van Kieu. Ils sont soumis aux nouvelles règles d'intronisation en vigueur : ils doivent jurer de consacrer leur vie à la grandeur du magazine et écrire en guise de serment une ode à la gloire des teckels qu'ils doivent déclamer déguisés en varans du Komodo devant les autres membres de la rédaction. Une fois acceptés, on leur rase la tête.

2003 : la rédaction presque au complet se réunit pour la première Convention Internationale du magazine à Lisbonne pendant une semaine. Le Portugal menace de quitter l'Union européenne.
KaFkaïens Magazine est choisi par le Centre national du livre et le Ministère de la culture pour participer à la version Internet de l'opération Lire en Fête. Le succès est mitigé en termes de rencontres et d'audiences, mais la structure technique mise en place pour la nouvelle collective en temps réel Les livres de sable, spécialement mise au point à cette occasion, ouvre un nouvel espace narratif pour l'Atelier.

2004 : création d'une nouvelle rubrique, Pile de Bouquins, qui offre à nos lecteurs un avis péremptoire sur les livres que nous lisons. C'est près de quatre cents titres que KaFkaïens Magazine conseille ou déconseille sans être soumis à la pression de l'actualité littéraire.
La préparation du numéro spécial Infini, qui marque l'entrée de KaFkaïens Magazine dans sa huitième année, bat son plein avec notamment la future parution d'une nouvelle collective fondée sur le principe d'une mise en abyme de tous les numéros parus. Enfin, au début, ça devait être ça. Ou pas loin.

2005 : arrivée au sein de la rédaction d'Alexandra Mahdy, qui décide, à l'instar du magazine, de paraître aléatoirement. Les ruses déployées par la rédaction pour s'assurer de sa présence aux réunions sont sans fin. Peu marchent. Un projet de trappe à ours dans le 18ème arrondissement est à l'étude.
Les numéros de l'année ont des thèmes guillerets (honte, obscène...) et ce n'est pas la splendide nouvelle à rôles The call of KafKa, réalisée pour l'édition de Lire en Fête, qui va nous remonter le moral : tous les personnages y meurent dans d'atroces souffrances. Le maître du jeu de cette expérimentation littéraire est puni pour sa cruauté : on l'oblige à rédiger la biographie du magazine.

2006 : dès le 1er janvier, l'équipe commence à préparer les festivités pour les 10 ans de KaFkaïens : le Rédacteur en Chef met au point un numéro de dressage de teckels. Pendant une répétition, il se blesse en glissant sur une baballe (il prétendra dans son délire à l'hôpital que c'est Hercule, un mâle de six ans, qui lui a fait un croche-pattes) et doit céder sa place : chaque numéro aura un rédacteur en chef désigné collégialement. Laurent Nicolas est le premier à s'y coller : il s'enfuit en Inde peu avant la mise en place du numéro. La rédaction mène l'enquête et finit par le retrouver au bout d'un mois, employé dans un salon de coiffure de Pondichéry. Il est ramené de force pour le bouclage. Les préparations des festivités reprennent de plus belle. Puis la totalité de la rédaction s'enfuit en Inde avant le bouclage de ce numéro qui a donc entièrement été écrit par des teckels.

 
 
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