Recensement des rêves de Paris
(1996-2003)
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1er décembre 1996, Paris.
Balade dans le Bois de Vincennes, qui est en fait une campagne, avec une route, de l’herbe, un petit lac, une maison… Nous y sommes entrés, deux garçons, une fille et moi, par une grande porte en fer. Nous n’avons pas le droit d’y être. Il fait beau à la campagne, & les routes sont sinueuses, & montent et descendent. A un endroit, à côté de la haie d’une maison, nous nous cachons car la police arrive. Nous nous séparons en deux groupes. Les policiers, en civil, conversent au milieu de la route. Les deux garçons, cachés dans une hutte en bois, font du bruit et sont découverts ; mais on ne semble pas trop scandalisé.

16 décembre 1996, Paris.
Avec Emmanuel dans un grand square ensoleillé ; la tour Saint-Jacques fait une ombre sur la verdure. Il va voir Jeanne T. Je lui demande pourquoi il en fait tant de mystère, il me dit que je n’ai qu’à la rencontrer et je verrais.

27 avril 1997, Paris.
J’étais dans le métro aérien de la ligne 6 ; en arrivant à Nationale, je me sors de ma torpeur & me rends compte : j’étais en train d’essayer d’épeler le mot LITERATURA pour l’enseigner à des gens de langue portugaise, sans me rendre compte qu’il s’agit probablement du même mot qu’en espagnol.

1er octobre 1997, Madrid.
J’ai à me rendre dans le nord de Paris : rendez-vous au métro Anvers. Je sors à une station ; pour atteindre la sortie, il me faut traverser une structure métallique, des ponts, des escaliers comme dans une station du métro aérien, une véritable montagne russe qui gravit Montmartre. Je me rends alors compte : je suis descendu trop tôt, c’est la station Barbès, juste avant Anvers. Hier : je dois partir pour l’épreuve de sciences physiques. Je vais arriver en retard ! Le père de Tiphaine m’emmène dans sa voiture. Nous sommes dans le 15ème, mais l’architecture a changé ; tout est très moderne, blanc ; je ne me repère pas, je suis perdu & les panneaux de signalisation sont verts, bleus & en italien. Bientôt nous sortons de la ville, sur une route de montagne. Entre temps, j’ai songé que cette épreuve n’est pas si dramatique, puisque je passe un bac littéraire.

29 décembre 1997, Madrid.
Je déambule dans Paris, à la tombée de la nuit. Je croise plusieurs connaissances à la fois : difficile de gérer la coïncidence. Puis j’arrive à un balcon donnant sur un hall. Là se trouvent un trompettiste et une jeune femme. Un concert va commencer d’ici peu. La fille fait des assouplissements, elle a l’air tout ankylosée. Pratiquement tordue en deux, elle fait, sans y prêter beaucoup d’attention, des étirements étonnants : est-ce une danseuse, une acrobate ? Je lui propose de lui masser le cou, les épaules : elle refuse. La voilà couchée sur le dos. Elle offre à nos regards des dentelles, une superposition de jarretelles, de culotte en soie et de bas que ne cache pas un peignoir en soie également. C’est la maîtresse du trompettiste. Je regarde le hall, en bas. N’est-ce pas Arthur H. et son équipe que j’aperçois ?! Le trompettiste me le confirme. Nous descendons et, avant que je puisse me retirer, les lumières des projecteurs se braquent sur nous : un grand rond de lumière étale nos ombres sur le mur. Je sors et traverse un quartier de Paris. Rien de semblable au Paris réel, mais il s’agit bien de la ville, probablement du 15ème arrondissement, si tranquille & monocorde ; en effet, ces rues montent comme s’il s’agissait de la rue Maublanc et du square Adolphe Chérioux depuis la rue Lecourbe. Mais rien à voir ! Je débouche, au hasard des rues que je parcours en suivant une diagonale, sur une maison de campagne, au bout d’un petit passage, au milieu d’une grande cour pavée. Maison sombre, feuilles marron sur les murs.

8 avril 1998, Paris.
Je me trouve dans la chambre de bonne à Vaugirard, & je regarde par la fenêtre l’immeuble gris d’en face. J’ai soudain une vision : une femme survole en un éclair l’immeuble sur un cheval, et disparaît par-dessus mon toit. Je sors de la chambre, gravis l’échelle dans le couloir & me hisse à travers le hublot qui donne sur le toit. Quel spectacle ! Les toits sont bondés de gens. Ambiance villageoise. La cavalière continue sa route sur son cheval fou en zigzagant sur la tôle ; au loin je la vois freiner sa monture sur une pente trop raide ; elle ne semble pas craindre la chute de sept étages. Il existe donc toute une vie sur les toits de Paris, que je découvre à présent. Je pense à la couverture du disque d’Aguaviva La casa de San Jamás avec ses personnages figés & familiaux/familiers. La jeune femme s’approche ; nous conversons un moment. Sa monture est en fait un KANGOUROU (d’où le saut incroyable au-dessus de la rue de Vaugirard). Elle porte un pantalon & n’est pas féminine. Son corps doit être travaillé par la force. Je pose à peine ma main sur son genou.

4 mai 1998, Paris.
Daniel et moi sommes assis sur les strapontins, dans une rame de métro, tandis que, debout, Sophie R. discute avec deux garçons, que je crois connaître. Ils ne font pas attention à nous, malgré la proximité. Je peux me rendre compte de la grâce du visage de Sophie. Par la vitre du wagon le paysage parisien défile. Nous nous trouvons dans des quartiers que Daniel ne connaît pas, des rues qui s’enfoncent dans la ville, des quartiers du Paris mythique de notre enfance.

22 mars 1999, Paris.
Je suis dans le métro, direction Mairie d’Issy, il est dix heures du matin, la rame est presque vide. Assis sur la banquette d’à côté, un homme costaud, proche de la cinquantaine, moustachu, le visage buriné, pas une tête d’intello. En face de lui, à ma droite, est assise une jeune femme assez BCBG, qui lit un livre de poche de la collection Folio. J’arrive à en lire le titre et l’auteur, que je ne connais pas. La fille semble captivée. Elle descend à la station suivante, à Notre-Dame de Lorette. Je la suis du regard, sur le quai. Le train redémarre, je reviens à mon gars en face, qui sort un bouquin et se met à lire consciencieusement … le même titre et le même auteur, en Folio ! Le même livre, la même collection – un tour de passe-passe magistral entre les deux voyageurs, qui ont même eu la délicatesse de tenir compte de leur différence d’âge : l’édition que lit le type moustachu est antérieure à celle de la jeune femme, au lieu d’une photo il y a un dessin en couverture, un lièvre. J’ai noté le titre et l’auteur : c’est Le lièvre de Vatanen d’Arto Paasalina. C’était dimanche matin sur la ligne 12 ; le gars lisait aussi sérieusement que la fille, & moi j’émergeais doucement entre le rêve et la nuit de rêve place Saint-Georges avec Emma.

30 mars 1999, Paris.
Un beau rêve en couleurs. Je me trouve dans le PC & regarde le plan de l’itinéraire affiché dans le bus pour savoir où je vais descendre. J’hésite entre plusieurs Portes, Vanves, Ivry, Montreuil, & choisis finalement la Porte de la Chapelle ; je raisonne dans la limite du rêve. Quelques personnes sont là, assises. C’est la nuit. Le bus parcourt alors une partie de la ville que je ne connais pas. La rue est pavée, en pente, ce quartier se trouve en haut d’une colline, comme Montmartre ou la Butte-aux-Cailles. Surtout, la rue est splendide. Les immeubles rappellent les villes flamandes, aux façades sérieuses mais biscornues, vieilles et soignées, maisons fantômes et paisibles – je trouve cela très beau, remarquable, & je tâche de lire un nom de rue sans y arriver. Après un moment, le bus débouche, à un tournant, sur les remparts de la ville – comme à Tolède. En contrebas, la mer ou un grand lac, des rochers. Tout est couleur ocre, c’est donc le jour, c’est beau, l’eau brille – et je pense aux habitants de ce beau quartier donnant sur l’eau ! Cependant, une inquiétude : le bus dévale à présent les rues pour redescendre la colline ; il freine de justesse, à un moment ; mais catastrophe ! il dérape à un virage, la roue s’engage dans le vide et voilà que le bus tout entier s’enfonce dans le lac. J’ouvre de toutes mes forces la fenêtre ; tout le monde surgit finalement à la surface & rejoint la berge ; il fait beau, le soleil éclaire ce terrain vague poussiéreux, jaune & orange – comme celui qui se trouve, également au pied d’une vieille muraille, entre le lycée Charlemagne et la Seine, face au Village Saint-Paul. Trois jeunes blacks, fières et hautaines, marchent dignement.

3 avril 1999, Paris.
Je me balade dans un centre commercial qui rappelle les galeries sous le Carrousel et la Pyramide du Louvre. Dans la boutique Gallimard, je demande s’ils ont une biographie de Fela ; on me dirige vers une autre librairie. Lorsque je sors dans la rue, c’est le Quartier Latin. Puis sur un pont au-dessus du périph, je chante "Procès verbal" pour deux petits garçons, un black et un beur. Je reprends ma course à travers champs, en RER, jusqu’à Laplace.

18 avril 1999, Paris.
Je me trouve dans l’eau, dans un gros fleuve qui traverse une ville importante. Ce n’est pas la Seine & pourtant c’est Paris. Je ne sais pas comment je suis arrivé là. Me voilà nageant près des quais, sous des structures métalliques dignes d’un film des bas-fonds. Glauque. Je veux atteindre l’entrée du métro, située en haut, dans la structure en métal, un grand pont. Une longue passerelle étroite relie l’entrée et l’eau. Un type me conseille d’escalader. Pas facile d’escalader. J’aperçois le panneau « Quai de la Gare » là-haut.

14 août 1999, Porto de Mos.
Je marche dans une rue délabrée, dans le 19ème. Je rencontre Julien, un long type à lunettes, souriant, avec qui j’ai étudié à Lakanal. Il m’annonce qu’il est en train de chercher à louer un appartement dans cette rue. Puis il m’emmène chez ses parents, dans un énorme immeuble. Nous nous situons très près du périphérique. Le père est militaire, gendarme en uniforme bleu, très autoritaire, il crie beaucoup ; contraste fort avec l’humour subtil de Julien. Appartement moquette, anodin. Nous sortons. Julien me guide vers le bus, en commentant un quartier de tous les dangers. Nous prenons un taxi. La discussion manque de mal tourner (le chauffeur entend « salaud » alors que Julien a dit « ça alors ») mais finalement tout le monde s’entend bien et nous discutons le temps de parcourir une avenue qui entre dans Paris. Au moment de sortir, Julien m’empêche d’aller vers où je me dirige et me conduit deux mètres plus loin – le danger était là. Nous voici dans la rue où nous nous sommes croisés. Nous montons dans l’appartement que Julien va louer. Il est encore en travaux, notamment la baie vitrée coulissante permettant d’accéder à la terrasse qui donne sur Paris. La nuit tombe. Plein de lumières scintillent ; l’appartement est situé très haut. Est-ce le sud de Paris qu’on aperçoit ? La terrasse fait le tour de l’appartement, donne à droite sur d’autres terrasses, très vastes, en contrebas.

1er septembre 1999, La Flèche.
Bombardements sur Paris. De temps en temps les sirènes sonnent, mais pas toujours. Je suis dans le métro, ligne 6, & c’est la nuit. Je rate ma station et descends à Passy, mais il ne s’agit pas du tout de la station actuelle ; Paris a une configuration inconnue. Là je me trouve dans une zone un peu morne, vide. Nous nous protégeons des bombes. Je suis en compagnie de Peter Falk. Des soldats d’Allemagne de l’Est dirigent les gens vers des abris. Une sirène retentit, nous nous engouffrons dans une cage d’escalier & descendons. Nous croisons un soldat.

13 janvier 2000, Paris.
Je marche dans Paris, années 40-50. Il fait plutôt gris, le quartier est gris – un peu comme la rue du faubourg Saint-Honoré devant l’église Saint-Roch. Là, sur le trottoir, deux hommes, deux bouchers, distribuent des paquets de viande enveloppés dans du papier. Leur stand est composé d’une machine dotée d’un orifice duquel sortent des morceaux de viande & d’une longue enseigne sur laquelle apparaissent les différentes parties du corps humain. Je vois s’éloigner un vieux type à la barbe blanche, habillé d’un manteau, pressant son paquet de viande contre son ventre. Il s’agit en fait d’une distribution de charité : de la viande humaine pour les plus démunis. Je regarde avec curiosité les morceaux qui sortent du trou & me demande de quelle partie du corps il s’agit.

25 mars 2000, Paris.
Le rêve mélange Paris & Rome, Montmartre & le parc de la Villa Médicis. Il y a là Daniel, Inés & d’autres membres de la famille. Après une promenade dans ce grand parc, nous nous retournons et admirons la colline qui monte jusqu’au Sacré-Cœur (je me dis : et il y en a qui pensent que Paris est une ville grise et moche !), entourée de verdure à perte de vue. La verdure dans la ville.

26 mars 2000, Paris.
Je discute avec un type d’une quarantaine d’années que je viens de rencontrer, parmi un groupe d’amis. Il me dit que pour danser il y a un endroit à Oberkampf, le « Cinéma-Théâtre ». Je me sens obligé de lui expliquer que ça s’appelle le « Cithéa ».

27 juin 2000, Nantes.
Au Prytanée, à La Flèche, dans la chambre 19 au Crabe, je discute avec Benoît L., le prof de dessin. Au bout d’un moment de cette conversation pendant laquelle, comme d’habitude, nous ne trouvons pas de goût commun, je quitte ma chambre par la porte-fenêtre qui donne sur le quartier-lycée. Je marche un moment, croise des élèves, sur une allée qui n’existe pas là-bas. Je finis par courir, je suis en retard, je dois parvenir à un cours d’espagnol pour enfants d’espagnols immigrés près de Saint-Jean-Baptiste-de-Grenelle ou au 200 rue Saint-Maur. Je passe par un quartier, sorte de 15ème près du square Saint-Lambert aux allures plus gothiques, plus sombres. Je prends le métro. Je sais que le changement à Montparnasse est très long, mais je ne m’attendais pas à ce que tout le souterrain fût en chantier, mal éclairé. Je me retrouve donc dans une vaste étendue, sous terre, où circulent quelques personnes. Les panneaux des correspondances et directions sont accrochés çà et là ; & je suis surpris et un peu choqué d’avoir à traverser des barrières ouvertes et à parcourir des zones en chantier, pleines de gravats, pour faire ma correspondance. Je descends à vive allure par une rue de Paris. Une voiture passe. Le quartier est plutôt cossu. Une voiture est arrêtée, deux jeunes filles sont en train d’y monter. Je leur demande, à ces deux blanches bourgeoises, si elles peuvent m’emmener jusqu’à Odéon. Finalement nous sommes à vélo, à pied, nous sommes plusieurs. Nous parlons un peu. « Dans quels quartiers sortez-vous ? », je leur demande, en m’attendant à entendre le 16ème, les Champs-Elysées. Et elles de répondre le 18ème, le 9ème et le 2ème… Nous marchons à présent dans Montmartre. Je m’émerveille face à la beauté du quartier, des rues, des immeubles en brique rouge délavée, effritée. Nous apercevons un chemin étroit qui mène à une végétation, c’est l’entrée d’un joli cimetière. « Le cimetière de Montmartre », j’annonce. Nous continuons à marcher dans ces rues inconnues de Montmartre, en pente.

27 juillet 2000, Paris.
Je m’apprête à monter sur une colline escarpée, dans Paris. Il peut parfaitement s’agir d’un versant de la Butte Montmartre, ou bien d’un coin reculé de la colline de Belleville. En haut, de magnifiques immeubles haussmanniens surplombent le paysage parsemé d’arbres décimés par la tempête du 27 décembre 99. Je me dis que les habitants doivent jouir d’une vue privilégiée de Paris, de là-haut. je vois des petits groupes monter. De vagues pistes sont tracées parmi les arbres qui jonchent le flanc de colline. Olivier H. m’a indiqué l’existence de sentiers qui suivent les courbes de niveau, mais je ne les trouve pas & gravis la pente à la verticale, comme la plupart des gens présents.

23 août 2000, Paulin.
Je laisse une voiture qui ne m’appartient pas garée parmi des centaines d’autres près de la place de l’Etoile. Cette même voiture devient un élément d’un récit de Boris Vian que je dois commenter lors d’un exposé. Cet exposé se déroule dans l’entrée d’un cinéma, & le type derrière la caisse fait office de professeur. Je traite le sujet, préparé hâtivement sur des feuilles, en espagnol. Mon discours est un peu hésitant. Je ne me suis pas rasé depuis quelques jours & j’ai de la barbe. Mes camarades apprécient l’exposé. Nous sommes longuement interrompus et j’attends, avec ma barbe, de pouvoir reprendre l’exposé, en préparant une tirade émouvante sur Vian. Plus tard, en descendant la rue Maublanc (déplacée dans un quartier plus animé), je rencontre Benjamin, qui porte un petit chapeau de paille sympa. On remonte et on entre dans une boutique de vêtements d’été tenue par deux vendeuses mignonnes. Je cherche le chapeau tressé et aéré que j’ai cherché cet été, sans le trouver.

24 août 2000, Paulin.
Je me trouve rue Maublanc, à la maison : au fond d’une impasse, en fait. Je me cache chez moi, car la guerre vient d’éclater, les nazis sont là. Je sors dans la rue, à l’emplacement de la maison des J., rue Blomet. Je remonte la rue de l’Abbé-Groult, traverse la rue de Vaugirard, la pente est plus raide que dans la réalité. Au lieu de déboucher sur la rue de la Convention, la rue de l’Abbé-Groult grimpe encore, & je prends à gauche un sentier de terre, ensoleillé. C’est la campagne, le sentier est bordé de haies, & il y a des champs qui baignent dans la lumière. Une jeune fille est assise sur le chemin. Je la contourne pour suivre ma route.

27 juillet 2001, Paris.
Je quitte les studios Lasson, dans le 12ème. En remontant la rue, j’arrive au Quai de la Gare, mais par un côté que je n’avais jamais emprunté. De l’autre côté des Frigos, à la place des résidences, se trouve une partie désaffectée de la Petite Ceinture en aqueduc, envahie par la végétation. Je me mets à escalader, & Benoît est là aussi. Tandis que je grimpe, il s’agrippe à moi & je l’engueule. Il s’énerve aussi, me disant que je lui avais dit qu’il pouvait se tenir à moi pour faire une photographie.

25 septembre 2002, Paris.
J’arrive aux Frigos du 91, quai de la Gare. Au pied du bâtiment se trouve l’ami bizarre de Cécilia H. Nous parlons un peu. Sur la façade du bâtiment est peinte une énorme publicité. Il s’agit d’une phrase qui parle de l’avenir, du futur : sur ce vieux bâtiment, ce bâtiment au milieu du vaste chantier de la ZAC, une phrase sur l’avenir, sur ce qui est à construire, sur la vie. Alors je pleure en pensant à Corentin & je songe que je pleure enfin.

16 janvier 2003, Ivry-sur-Seine.
Je me trouve en compagnie de mes parents sur les quais, dans le 12ème ou le 13ème, en milieu d’après-midi. Il fait beau. Le soleil se reflète sur les arbres plantés sur les quais. C’est le Quai de la Gare, avec les péniches colorées, le Batofar, la Guinguette Pirate, la péniche El Alamein, ou bien c’est le quai d’en face. Un type blond, costaud, est monté sur une vieille moto à laquelle est accrochée une remorque. Cette remorque est composée de plusieurs wagons. Il s’agit d’une embarcation, & voilà le gars sur sa moto qui tire sa remorque sur la Seine, comme une péniche.

 
XH
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