1er décembre
1996, Paris.
Balade dans le Bois de Vincennes, qui est en fait une campagne, avec
une route, de l’herbe, un petit lac, une maison… Nous
y sommes entrés, deux garçons, une fille et moi, par
une grande porte en fer. Nous n’avons pas le droit d’y
être. Il fait beau à la campagne, & les routes sont
sinueuses, & montent et descendent. A un endroit, à côté
de la haie d’une maison, nous nous cachons car la police arrive.
Nous nous séparons en deux groupes. Les policiers, en civil,
conversent au milieu de la route. Les deux garçons, cachés
dans une hutte en bois, font du bruit et sont découverts ;
mais on ne semble pas trop scandalisé. 16
décembre 1996, Paris.
Avec Emmanuel dans un grand square ensoleillé ; la tour Saint-Jacques
fait une ombre sur la verdure. Il va voir Jeanne T. Je lui demande
pourquoi il en fait tant de mystère, il me dit que je n’ai
qu’à la rencontrer et je verrais.
27 avril
1997, Paris.
J’étais dans le métro aérien de la ligne
6 ; en arrivant à Nationale, je me sors de ma torpeur &
me rends compte : j’étais en train d’essayer
d’épeler le mot LITERATURA pour l’enseigner à
des gens de langue portugaise, sans me rendre compte qu’il
s’agit probablement du même mot qu’en espagnol.
1er octobre
1997, Madrid.
J’ai à me rendre dans le nord de Paris : rendez-vous
au métro Anvers. Je sors à une station ; pour atteindre
la sortie, il me faut traverser une structure métallique,
des ponts, des escaliers comme dans une station du métro
aérien, une véritable montagne russe qui gravit Montmartre.
Je me rends alors compte : je suis descendu trop tôt, c’est
la station Barbès, juste avant Anvers. Hier : je dois partir
pour l’épreuve de sciences physiques. Je vais arriver
en retard ! Le père de Tiphaine m’emmène dans
sa voiture. Nous sommes dans le 15ème, mais l’architecture
a changé ; tout est très moderne, blanc ; je ne me
repère pas, je suis perdu & les panneaux de signalisation
sont verts, bleus & en italien. Bientôt nous sortons de
la ville, sur une route de montagne. Entre temps, j’ai songé
que cette épreuve n’est pas si dramatique, puisque
je passe un bac littéraire.
29 décembre
1997, Madrid.
Je déambule dans Paris, à la tombée de la nuit.
Je croise plusieurs connaissances à la fois : difficile de
gérer la coïncidence. Puis j’arrive à un
balcon donnant sur un hall. Là se trouvent un trompettiste
et une jeune femme. Un concert va commencer d’ici peu. La
fille fait des assouplissements, elle a l’air tout ankylosée.
Pratiquement tordue en deux, elle fait, sans y prêter beaucoup
d’attention, des étirements étonnants : est-ce
une danseuse, une acrobate ? Je lui propose de lui masser le cou,
les épaules : elle refuse. La voilà couchée
sur le dos. Elle offre à nos regards des dentelles, une superposition
de jarretelles, de culotte en soie et de bas que ne cache pas un
peignoir en soie également. C’est la maîtresse
du trompettiste. Je regarde le hall, en bas. N’est-ce pas
Arthur H. et son équipe que j’aperçois ?! Le
trompettiste me le confirme. Nous descendons et, avant que je puisse
me retirer, les lumières des projecteurs se braquent sur
nous : un grand rond de lumière étale nos ombres sur
le mur. Je sors et traverse un quartier de Paris. Rien de semblable
au Paris réel, mais il s’agit bien de la ville, probablement
du 15ème arrondissement, si tranquille & monocorde ;
en effet, ces rues montent comme s’il s’agissait de
la rue Maublanc et du square Adolphe Chérioux depuis la rue
Lecourbe. Mais rien à voir ! Je débouche, au hasard
des rues que je parcours en suivant une diagonale, sur une maison
de campagne, au bout d’un petit passage, au milieu d’une
grande cour pavée. Maison sombre, feuilles marron sur les
murs.
8 avril
1998, Paris.
Je me trouve dans la chambre de bonne à Vaugirard, &
je regarde par la fenêtre l’immeuble gris d’en
face. J’ai soudain une vision : une femme survole en un éclair
l’immeuble sur un cheval, et disparaît par-dessus mon
toit. Je sors de la chambre, gravis l’échelle dans
le couloir & me hisse à travers le hublot qui donne sur
le toit. Quel spectacle ! Les toits sont bondés de gens.
Ambiance villageoise. La cavalière continue sa route sur
son cheval fou en zigzagant sur la tôle ; au loin je la vois
freiner sa monture sur une pente trop raide ; elle ne semble pas
craindre la chute de sept étages. Il existe donc toute une
vie sur les toits de Paris, que je découvre à présent.
Je pense à la couverture du disque d’Aguaviva La
casa de San Jamás avec ses personnages figés
& familiaux/familiers. La jeune femme s’approche ; nous
conversons un moment. Sa monture est en fait un KANGOUROU (d’où
le saut incroyable au-dessus de la rue de Vaugirard). Elle porte
un pantalon & n’est pas féminine. Son corps doit
être travaillé par la force. Je pose à peine
ma main sur son genou.
4 mai 1998,
Paris.
Daniel et moi sommes assis sur les strapontins, dans une rame de
métro, tandis que, debout, Sophie R. discute avec deux garçons,
que je crois connaître. Ils ne font pas attention à
nous, malgré la proximité. Je peux me rendre compte
de la grâce du visage de Sophie. Par la vitre du wagon le
paysage parisien défile. Nous nous trouvons dans des quartiers
que Daniel ne connaît pas, des rues qui s’enfoncent
dans la ville, des quartiers du Paris mythique de notre enfance.
22 mars
1999, Paris.
Je suis dans le métro, direction Mairie d’Issy, il
est dix heures du matin, la rame est presque vide. Assis sur la
banquette d’à côté, un homme costaud,
proche de la cinquantaine, moustachu, le visage buriné, pas
une tête d’intello. En face de lui, à ma droite,
est assise une jeune femme assez BCBG, qui lit un livre de poche
de la collection Folio. J’arrive à en lire le titre
et l’auteur, que je ne connais pas. La fille semble captivée.
Elle descend à la station suivante, à Notre-Dame de
Lorette. Je la suis du regard, sur le quai. Le train redémarre,
je reviens à mon gars en face, qui sort un bouquin et se
met à lire consciencieusement … le même titre
et le même auteur, en Folio ! Le même livre, la même
collection – un tour de passe-passe magistral entre les deux
voyageurs, qui ont même eu la délicatesse de tenir
compte de leur différence d’âge : l’édition
que lit le type moustachu est antérieure à celle de
la jeune femme, au lieu d’une photo il y a un dessin en couverture,
un lièvre. J’ai noté le titre et l’auteur
: c’est Le lièvre de Vatanen d’Arto
Paasalina. C’était dimanche matin sur la ligne 12 ;
le gars lisait aussi sérieusement que la fille, & moi
j’émergeais doucement entre le rêve et la nuit
de rêve place Saint-Georges avec Emma.
30 mars
1999, Paris.
Un beau rêve en couleurs. Je me trouve dans le PC & regarde
le plan de l’itinéraire affiché dans le bus
pour savoir où je vais descendre. J’hésite entre
plusieurs Portes, Vanves, Ivry, Montreuil, & choisis finalement
la Porte de la Chapelle ; je raisonne dans la limite du rêve.
Quelques personnes sont là, assises. C’est la nuit.
Le bus parcourt alors une partie de la ville que je ne connais pas.
La rue est pavée, en pente, ce quartier se trouve en haut
d’une colline, comme Montmartre ou la Butte-aux-Cailles. Surtout,
la rue est splendide. Les immeubles rappellent les villes flamandes,
aux façades sérieuses mais biscornues, vieilles et
soignées, maisons fantômes et paisibles – je
trouve cela très beau, remarquable, & je tâche
de lire un nom de rue sans y arriver. Après un moment, le
bus débouche, à un tournant, sur les remparts de la
ville – comme à Tolède. En contrebas, la mer
ou un grand lac, des rochers. Tout est couleur ocre, c’est
donc le jour, c’est beau, l’eau brille – et je
pense aux habitants de ce beau quartier donnant sur l’eau
! Cependant, une inquiétude : le bus dévale à
présent les rues pour redescendre la colline ; il freine
de justesse, à un moment ; mais catastrophe ! il dérape
à un virage, la roue s’engage dans le vide et voilà
que le bus tout entier s’enfonce dans le lac. J’ouvre
de toutes mes forces la fenêtre ; tout le monde surgit finalement
à la surface & rejoint la berge ; il fait beau, le soleil
éclaire ce terrain vague poussiéreux, jaune &
orange – comme celui qui se trouve, également au pied
d’une vieille muraille, entre le lycée Charlemagne
et la Seine, face au Village Saint-Paul. Trois jeunes blacks, fières
et hautaines, marchent dignement.
3 avril
1999, Paris.
Je me balade dans un centre commercial qui rappelle les galeries
sous le Carrousel et la Pyramide du Louvre. Dans la boutique Gallimard,
je demande s’ils ont une biographie de Fela ; on me dirige
vers une autre librairie. Lorsque je sors dans la rue, c’est
le Quartier Latin. Puis sur un pont au-dessus du périph,
je chante "Procès verbal" pour deux petits garçons,
un black et un beur. Je reprends ma course à travers champs,
en RER, jusqu’à Laplace.
18 avril
1999, Paris.
Je me trouve dans l’eau, dans un gros fleuve qui traverse
une ville importante. Ce n’est pas la Seine & pourtant
c’est Paris. Je ne sais pas comment je suis arrivé
là. Me voilà nageant près des quais, sous des
structures métalliques dignes d’un film des bas-fonds.
Glauque. Je veux atteindre l’entrée du métro,
située en haut, dans la structure en métal, un grand
pont. Une longue passerelle étroite relie l’entrée
et l’eau. Un type me conseille d’escalader. Pas facile
d’escalader. J’aperçois le panneau « Quai
de la Gare » là-haut.
14 août
1999, Porto de Mos.
Je marche dans une rue délabrée, dans le 19ème.
Je rencontre Julien, un long type à lunettes, souriant, avec
qui j’ai étudié à Lakanal. Il m’annonce
qu’il est en train de chercher à louer un appartement
dans cette rue. Puis il m’emmène chez ses parents,
dans un énorme immeuble. Nous nous situons très près
du périphérique. Le père est militaire, gendarme
en uniforme bleu, très autoritaire, il crie beaucoup ; contraste
fort avec l’humour subtil de Julien. Appartement moquette,
anodin. Nous sortons. Julien me guide vers le bus, en commentant
un quartier de tous les dangers. Nous prenons un taxi. La discussion
manque de mal tourner (le chauffeur entend « salaud »
alors que Julien a dit « ça alors ») mais finalement
tout le monde s’entend bien et nous discutons le temps de
parcourir une avenue qui entre dans Paris. Au moment de sortir,
Julien m’empêche d’aller vers où je me
dirige et me conduit deux mètres plus loin – le danger
était là. Nous voici dans la rue où nous nous
sommes croisés. Nous montons dans l’appartement que
Julien va louer. Il est encore en travaux, notamment la baie vitrée
coulissante permettant d’accéder à la terrasse
qui donne sur Paris. La nuit tombe. Plein de lumières scintillent
; l’appartement est situé très haut. Est-ce
le sud de Paris qu’on aperçoit ? La terrasse fait le
tour de l’appartement, donne à droite sur d’autres
terrasses, très vastes, en contrebas.
1er septembre
1999, La Flèche.
Bombardements sur Paris. De temps en temps les sirènes sonnent,
mais pas toujours. Je suis dans le métro, ligne 6, &
c’est la nuit. Je rate ma station et descends à Passy,
mais il ne s’agit pas du tout de la station actuelle ; Paris
a une configuration inconnue. Là je me trouve dans une zone
un peu morne, vide. Nous nous protégeons des bombes. Je suis
en compagnie de Peter Falk. Des soldats d’Allemagne de l’Est
dirigent les gens vers des abris. Une sirène retentit, nous
nous engouffrons dans une cage d’escalier & descendons.
Nous croisons un soldat.
13 janvier
2000, Paris.
Je marche dans Paris, années 40-50. Il fait plutôt
gris, le quartier est gris – un peu comme la rue du faubourg
Saint-Honoré devant l’église Saint-Roch. Là,
sur le trottoir, deux hommes, deux bouchers, distribuent des paquets
de viande enveloppés dans du papier. Leur stand est composé
d’une machine dotée d’un orifice duquel sortent
des morceaux de viande & d’une longue enseigne sur laquelle
apparaissent les différentes parties du corps humain. Je
vois s’éloigner un vieux type à la barbe blanche,
habillé d’un manteau, pressant son paquet de viande
contre son ventre. Il s’agit en fait d’une distribution
de charité : de la viande humaine pour les plus démunis.
Je regarde avec curiosité les morceaux qui sortent du trou
& me demande de quelle partie du corps il s’agit.
25 mars
2000, Paris.
Le rêve mélange Paris & Rome, Montmartre &
le parc de la Villa Médicis. Il y a là Daniel, Inés
& d’autres membres de la famille. Après une promenade
dans ce grand parc, nous nous retournons et admirons la colline
qui monte jusqu’au Sacré-Cœur (je me dis : et
il y en a qui pensent que Paris est une ville grise et moche !),
entourée de verdure à perte de vue. La verdure dans
la ville.
26 mars
2000, Paris.
Je discute avec un type d’une quarantaine d’années
que je viens de rencontrer, parmi un groupe d’amis. Il me
dit que pour danser il y a un endroit à Oberkampf, le «
Cinéma-Théâtre ». Je me sens obligé
de lui expliquer que ça s’appelle le « Cithéa
».
27 juin
2000, Nantes.
Au Prytanée, à La Flèche, dans la chambre 19
au Crabe, je discute avec Benoît L., le prof de dessin. Au
bout d’un moment de cette conversation pendant laquelle, comme
d’habitude, nous ne trouvons pas de goût commun, je
quitte ma chambre par la porte-fenêtre qui donne sur le quartier-lycée.
Je marche un moment, croise des élèves, sur une allée
qui n’existe pas là-bas. Je finis par courir, je suis
en retard, je dois parvenir à un cours d’espagnol pour
enfants d’espagnols immigrés près de Saint-Jean-Baptiste-de-Grenelle
ou au 200 rue Saint-Maur. Je passe par un quartier, sorte de 15ème
près du square Saint-Lambert aux allures plus gothiques,
plus sombres. Je prends le métro. Je sais que le changement
à Montparnasse est très long, mais je ne m’attendais
pas à ce que tout le souterrain fût en chantier, mal
éclairé. Je me retrouve donc dans une vaste étendue,
sous terre, où circulent quelques personnes. Les panneaux
des correspondances et directions sont accrochés çà
et là ; & je suis surpris et un peu choqué d’avoir
à traverser des barrières ouvertes et à parcourir
des zones en chantier, pleines de gravats, pour faire ma correspondance.
Je descends à vive allure par une rue de Paris. Une voiture
passe. Le quartier est plutôt cossu. Une voiture est arrêtée,
deux jeunes filles sont en train d’y monter. Je leur demande,
à ces deux blanches bourgeoises, si elles peuvent m’emmener
jusqu’à Odéon. Finalement nous sommes à
vélo, à pied, nous sommes plusieurs. Nous parlons
un peu. « Dans quels quartiers sortez-vous ? », je leur
demande, en m’attendant à entendre le 16ème,
les Champs-Elysées. Et elles de répondre le 18ème,
le 9ème et le 2ème… Nous marchons à présent
dans Montmartre. Je m’émerveille face à la beauté
du quartier, des rues, des immeubles en brique rouge délavée,
effritée. Nous apercevons un chemin étroit qui mène
à une végétation, c’est l’entrée
d’un joli cimetière. « Le cimetière de
Montmartre », j’annonce. Nous continuons à marcher
dans ces rues inconnues de Montmartre, en pente.
27 juillet
2000, Paris.
Je m’apprête à monter sur une colline escarpée,
dans Paris. Il peut parfaitement s’agir d’un versant
de la Butte Montmartre, ou bien d’un coin reculé de
la colline de Belleville. En haut, de magnifiques immeubles haussmanniens
surplombent le paysage parsemé d’arbres décimés
par la tempête du 27 décembre 99. Je me dis que les
habitants doivent jouir d’une vue privilégiée
de Paris, de là-haut. je vois des petits groupes monter.
De vagues pistes sont tracées parmi les arbres qui jonchent
le flanc de colline. Olivier H. m’a indiqué l’existence
de sentiers qui suivent les courbes de niveau, mais je ne les trouve
pas & gravis la pente à la verticale, comme la plupart
des gens présents.
23 août
2000, Paulin.
Je laisse une voiture qui ne m’appartient pas garée
parmi des centaines d’autres près de la place de l’Etoile.
Cette même voiture devient un élément d’un
récit de Boris Vian que je dois commenter lors d’un
exposé. Cet exposé se déroule dans l’entrée
d’un cinéma, & le type derrière la caisse
fait office de professeur. Je traite le sujet, préparé
hâtivement sur des feuilles, en espagnol. Mon discours est
un peu hésitant. Je ne me suis pas rasé depuis quelques
jours & j’ai de la barbe. Mes camarades apprécient
l’exposé. Nous sommes longuement interrompus et j’attends,
avec ma barbe, de pouvoir reprendre l’exposé, en préparant
une tirade émouvante sur Vian. Plus tard, en descendant la
rue Maublanc (déplacée dans un quartier plus animé),
je rencontre Benjamin, qui porte un petit chapeau de paille sympa.
On remonte et on entre dans une boutique de vêtements d’été
tenue par deux vendeuses mignonnes. Je cherche le chapeau tressé
et aéré que j’ai cherché cet été,
sans le trouver.
24 août
2000, Paulin.
Je me trouve rue Maublanc, à la maison : au fond d’une
impasse, en fait. Je me cache chez moi, car la guerre vient d’éclater,
les nazis sont là. Je sors dans la rue, à l’emplacement
de la maison des J., rue Blomet. Je remonte la rue de l’Abbé-Groult,
traverse la rue de Vaugirard, la pente est plus raide que dans la
réalité. Au lieu de déboucher sur la rue de
la Convention, la rue de l’Abbé-Groult grimpe encore,
& je prends à gauche un sentier de terre, ensoleillé.
C’est la campagne, le sentier est bordé de haies, &
il y a des champs qui baignent dans la lumière. Une jeune
fille est assise sur le chemin. Je la contourne pour suivre ma route.
27 juillet
2001, Paris.
Je quitte les studios Lasson, dans le 12ème. En remontant
la rue, j’arrive au Quai de la Gare, mais par un côté
que je n’avais jamais emprunté. De l’autre côté
des Frigos, à la place des résidences, se trouve une
partie désaffectée de la Petite Ceinture en aqueduc,
envahie par la végétation. Je me mets à escalader,
& Benoît est là aussi. Tandis que je grimpe, il
s’agrippe à moi & je l’engueule. Il s’énerve
aussi, me disant que je lui avais dit qu’il pouvait se tenir
à moi pour faire une photographie.
25 septembre
2002, Paris.
J’arrive aux Frigos du 91, quai de la Gare. Au pied du bâtiment
se trouve l’ami bizarre de Cécilia H. Nous parlons
un peu. Sur la façade du bâtiment est peinte une énorme
publicité. Il s’agit d’une phrase qui parle de
l’avenir, du futur : sur ce vieux bâtiment, ce bâtiment
au milieu du vaste chantier de la ZAC, une phrase sur l’avenir,
sur ce qui est à construire, sur la vie. Alors je pleure
en pensant à Corentin & je songe que je pleure enfin.
16 janvier
2003, Ivry-sur-Seine.
Je me trouve en compagnie de mes parents sur les quais, dans le
12ème ou le 13ème, en milieu d’après-midi.
Il fait beau. Le soleil se reflète sur les arbres plantés
sur les quais. C’est le Quai de la Gare, avec les péniches
colorées, le Batofar, la Guinguette Pirate, la péniche
El Alamein, ou bien c’est le quai d’en face. Un type
blond, costaud, est monté sur une vieille moto à laquelle
est accrochée une remorque. Cette remorque est composée
de plusieurs wagons. Il s’agit d’une embarcation, &
voilà le gars sur sa moto qui tire sa remorque sur la Seine,
comme une péniche.
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