Jadis, tu tenais l'orange
comme on tient un sceptre
Comme on porte cuirasse et bouclier
Comme on rêve de neige
en plein coeur de l'été
Les paumes tournées vers la terre
Tu pris l'orange et
ton regard la fit sanguine
S'offrant au fruit en larmes de crocodile
Nuit d'été, mes mains sur tes épaules, toute
étoffe plaquée
Et le volet disjoint qu'assemble la chaleur
J'oscille,
je crache, je quitte peau à peau
Cette chose que je tiens devant moi
Cette chose avec laquelle je cours sans la faire tomber
Cette chose que je porte à bout de bras
Parce que je suis prudent
et que je crois
à l'été
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