La recette des Champs-Elysées Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
Pour réussir des Champs-Elysées à coup sûr, suivez ces conseils.

Prenez l’été, et soyez invités à une fête dans l’appartement du père d’une copine d’une amie d’une très bonne amie, dans une petite rue perpendiculaire aux Champs-Elysées. Oubliez que vous êtes dans ce quartier et passez une agréable soirée. Les gens sont sympathiques et d’horizons variés, la musique aussi et tout le monde danse.

Au bout de la nuit, il ne reste qu’une demi-douzaine de personnes. Assis plutôt qu’avachis. Il semble rester encore de l’énergie avant d’aller dormir. Laissez alors s’insinuer l’idée d’un petit déjeuner quelque part dans le quartier. Le bleu du matin n’apparaît-il pas aux vitres de l'appartement ? Laissez-vous surprendre, laissez-vous porter par la bonne humeur de ce petit groupe tendre et amical.

Attention : dosez bien l’aube. Juste le début. Comme si de rien n’était, dirigez-vous tous vers l’avenue au bout de la rue. Débouchez sur l’avenue et traversez tout doucement les Champs-Elysées. Regardez vers le haut de l’avenue. Regardez vers le bas. Dégustez.

Certains préfèrent le coucher du soleil derrière l’Arc de Triomphe, le coton des nuages disloqués au-dessus de Paris, le ciel bleu-blanc-rouge. Pour notre recette, cependant, retenez le matin et tournez le dos à l’Arc. Descendez doucement, à la vitesse que vos pieds et ceux du petit groupe voudront bien prendre, après tant d’heures de cha-cha-cha et de high-life. Descendez jusqu’aux portes du Jardin des Tuileries. La place de la Concorde n’est pas encore libre de voitures. Elle rend au soleil ce qui est au soleil.

Tournez aussi le dos à l’Obélisque et entrez dans le jardin rayonnant. Certains s’assiéront autour de la fontaine, les pieds appuyés contre le rebord, main dans la main. D’autres iront chercher des croissants sous les colonnes de la rue de Rivoli.

Dégustez les pains au chocolat, les croissants amenés à vous. Derrière, les Champs-Elysées mènent à vous. Pas loin au-dessus de vos têtes, le soleil vous réchauffe juste ce qu’il faut. Devant, la fontaine et le jardin plat préservent encore un peu de votre sommeil. Il n’est pas l’heure de se lever, vous ne vous êtes pas couchés, vous avez encore fait le tour du jour et de la nuit.

Les grandes avenues des grandes villes se prêtent très bien à cet instant, à condition qu’il soit accompagné d’un petit déjeuner.

 
XH
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