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oublie ce qui passe rue londe
oublie – le malheur n'a pas de voix
il y a une marge
là où gît ton étroite mémoire
sereinement servie par l'odeur des marais

on peut sans rien dire

on peut traverser, croiser même

le mouvement des roues
le signe sur le rocher
le chiffre sur le mur
et seul par miracle seul illuminé

les rues du ciel débouchent sur une grande place désertée par le peuple
arène où trône le Palais :
jette le tarot par-dessus les toits

sous la rue londe
une sorgue – c'est une soeur
qui cherche à me rassurer
mon amour mon étoile enlevée
ce qui plaît sans courir
et vole sans attendre
une aubaine
un scintillé

un multiple de quatre, une veine de pierres
qui aurait arrosé de galets notre cour intérieure
ceux qui voient et n'osent y croire
ceux qui tentent et n'auront pas de chance

sous la rue londe
abrite les coraux
et mon coeur enveloppé de tulle
regarde
mon coeur artifice
regarde
mes mains couvertes d'eau
mon demi-ange à demi-lune
à peine reconnue

je ne veux plus passer
sur l'eau de la rue londe
longée la rive
une fois n'est pas coutume
j'ai l'impression de dire
que tu as changé

un passage entre l'ombre et la lumière
cette odeur de cobalt
je te reconnais quand tu passes
j'abandonne une rue pour une autre
est-ce moi que tu pourchasses ?
les enfants écrivent les histoires sur les murs de la ville

maintenant
un soleil a choisi cet endroit
ils sont plusieurs à s'y réunir
entends la clameur tout autour
mais c'est au loin ici
c'est presque disparu c'est presque anéanti
comme une île le monde où nous nous trouvons
reviens adoucie par la pluie

 

 
XH et EM
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