Le grand ordre de l'univers Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
Depuis que le sureau noir
déchire l'herbe et le ciel
des martinets tentent d'envahir
la chambre où nous logeons
nos derniers rêves,
c'est de bonne guerre
la vie n'est qu'un vol
irrégulier vers un peu de confort.
Tu m'annonces souriante
une nouvelle qui te séduit
Paolo voudrait que tu vives avec lui
tu as éludé mais j'ai bien senti
que l'harmonie de nos instants glissait vers l'imparfait
quand de mépris tu as balancé mes poèmes
par la fenêtre ils se sont éparpillés
papillons griffonnés de traits incertains
je n'ai pas moufté autant dire que je m'en fous
j'ai allumé une clope et regardé le journal télévisé
avec cette nuit décolorée par les viseurs ultraviolets des soldats américains
avec les épîtres concurrentiels du marché des apôtres de l'OMC.
Je me suis dit qu'il était temps de sortir le chien,
de remplacer le fuyant robinet de la cuisine,
de poster un poème lumineux à un revuiste illuminé et laborieux
avant qu'une bombe terroriste ou qu'un chanteur académicien
nous ensevelisse pour de bon dans l'inachevé.
En achevant la dernière moitié de la dernière bouteille de Morgon
j'ai téléphoné à Paolo pour lui souhaiter
bien du plaisir et que tu adorais te faire téter les seins
il le sait déjà...
Le vivant s'organise autour de petits détails
qui fondent le grand ordre de l'univers.
 
BT
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