Le puits Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
Je me suis tenu il y a peu
debout sur le rebord d'un puits
Je n'attendais rien d'autre que le sifflement
souple et avare de la poulie contre la chaîne
Je ne voulais rien de plus qu'une tendresse aqueuse
Qu'être après tout si on ne peut s'aimer un peu ?
Et la margelle un peu mouillée
un peu étroite un peu friable
J'avais senti cette pierre incapable de retenir
de ces pierres qui nient l'équilibre et la concentration
J'avais senti le vent et la tristesse
quelques bourrasques ambitieuses
Je voyais au-dessus de moi
dans le ciel une demi-lune orange
comme colorée de regrets et de fer
se refléter dans le fond d'eau sale
Quelques nuages passaient en changeant
comme savent changer les nuages
Et cette odeur de marais qui contredit la source
Demain pour la soif tu m'offriras tes larmes
Il faut précipiter la terre au fond du puits
Il faut laisser l'eau seule venir à la surface.
 
EM
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