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O renoncement sacré ! Dressé contre le ciel, l'œil en feu, le corps tremblant ! L'indignation est ma nouvelle emblème ! J'ai la colère des dieux, celle des héros, celle
De Caïn, promettant à Yaveh mille morts. Par écrasement. Sous le mépris et le dégoût

La bouche pleine de crachats pour les fidèles

Je suis un roc, tu n'es qu'un lac, je tiens debout
Je suis seul, je suis fort, je suis né de ta boue
Tu es veule, tu es mort, tu es né d'un tabou

Dressé contre le ciel, statue de l'Homme, aujourd'hui ça n'est plus moi qui te brise, c'est toi venant t'écraser contre ma poitrine. Je ne bronche pas, je ris, d'un rire tranquille et bref, " Je ne pense plus à Toi. Je ne pense plus à Toi ". C'est mon chant, cette rengaine. C'est mon chant. Mon cœur est vide, mon cœur est froid, je suis tout entier tourné vers ma chair. J'ai décidé d'inscrire ma vie tout entière dans mon corps. Désormais je me déplace partout avec lui, il ne part plus sans moi. Mon corps et moi, nous ne nous quitterons pas. C'est comme ça, c'est pour la vie.

Eh ! Qu'ai-je à faire de tes vues de l'esprit ? Tu ne sais donc rien de ce qu'on voit, avec sa chair, avec son sang, avec ses doigts ?
Eh ! Les corps des femmes valent tous tes paradis
Leur foule délicate, tous tes milliers de prêtres
Je ne m'agenouille plus que devant leur fenêtre
Eh ! Leur chatte a un goût que n'ont pas tes hosties

(soupir) Lassants, ennuyeux extases… Subis aux rythmes des chants grégoriens… Si seulement tu pouvais goûter à mes orgasmes… Dans nos cris emmêlés nous ne feignons rien…
Ah ! Va donc ! Brise-toi ! Laisse-moi me vautrer dans la chair du monde, brise-toi ! Reste en dehors de ça ! Ne viens pas me souiller.
Et n'entre pas, le soir venu, dans mon refuge d'aigle
Laisse-moi où je suis, dominant la ville
Laisse-moi regarder son pouls mécanique
Laisse-moi, depuis mon refuge
Ma chambre de bohème dont les quatre murs
Sont à peine assez grands pour me faire un tombeau
A peine plus épais que le bois d'un cercueil
Laisse-moi donc, je te dis
Tu vois bien que je suis occupé
Tu vois bien que je n'ai pas besoin de toi


Je sais, il fait noir. Je ne laisse pas la lumière allumée
Laisse-moi, je me repose. Mon corps est vide. Mes membres sont las.

Demain… Ah ! Je me soucie bien de demain…
Demain, demain, je ne pense plus à demain.
Je ne pense plus à demain. Je ne pense plus à demain.
C'est le refrain de mon autre rengaine.
Je ne pense plus à demain.
Mes mains sont vides. Je n'ai personne. Je ne suis pas de ceux-là
Qui ne traversent pas la nuit. Je meurs au crépuscule.
Tu donneras mon corps aux pauvres gens d'en bas.
Qu'ils s'en nourrissent, qu'ils le dévorent
Grand bien leur fasse ! Et pour ce qu'il en reste
Je regretterais presque de n'être pas plus gras…

J'ai vécu dans la chair, que la chair se nourrisse !
On mangera ma tête, on mangera mon cœur
C'en sera fait de moi

Eh ! Que m'importe ! Je ne dors jamais seul !
Je couche chez les putes
Je couche chez les serveuses
Je couche chez les secrétaires, qu'un sourire assuré fait frémir
Je couche chez les écolières de 20 ans qui se croient plus vivantes que le monde
Je ne dors jamais seul. Seul, je ne dors pas

Je couche sur le papier quelque trace de moi.

 
FXS
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