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Eté,
Hiver, été, hiver : il n'est pas dit que notre santé
résiste au passage brutal des saisons dans cette rubrique,
tant les saisons intermédiaires sont gommées par nos
retards successifs. Modérons les choses, nous sommes dans
l'automne finissant, muni d'un cocktail au goût d'été
enfui (Désirade : une part de curaçao bleu, une
part de pippermint, un trait d'anis et trois parts de jus d'orange,
mixé avec de la glace ), avec un bon chat sur les genoux,
un confortable fauteuil, un feu qui crépite, des marrons
sous le cendre qui embaument et quelques livres pas tous recommandables...
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| Lettres
de prison à Lucette Destouches et Maître Mikkelsen (1945-1947)
de Louis-Ferdinand Céline |
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Que les choses
soient claires : pour lire ce livre il faut être à
la fois un admirateur inconditionnel du style de Céline mais
aussi un lecteur averti de l'immonde capacité de détestation
de cet auteur et de son antisémitisme répugnant. Les
lettres recueillies par François Gibault sont celles écrites
par Céline à sa femme et à son avocat durant
sa détention au Danemark (où le couple, accompagné
du chat Bébert -véritable personnage de cette misérable
odyssée- se réfugie après la fuite en Allemagne)
en attente d'un règlement diplomatique entre le Danemark
et la France qui réclame l'écrivain pour le juger
comme traître. La situation de Céline est terrible
: il est détenu malade dans un pays dont il ne connaît
pas la langue, les accusations portées contre lui sont lourdes
et les conséquences possibles en cas d'un retour en France
dans cette période d'épuration sont funestes. Grâce
au rigoureux éclairage de François Gibault, le lecteur
peut mesurer la pertinence des charges pesant contre Céline
et la qualité de la défense de celui-ci. Mais cette
problématique est celle des historiens, ce qui reste de cette
correspondance c'est cet homme traqué, enfoui dans son ignominieuse
rhétorique, rempli d'une haine exacerbée par sa maladie
et sa détention, son style s'effile dans sa solitude. Les
éclairs de tendresse pour sa femme et son chat sont quelquefois
bouleversants - mis à part deux lettres d'une méchanceté
qui confine à la folie. Mais l'on ne peut se concentrer sur
cette littérature que si l'on a l'estomac bien accroché
et si l'on sait ce qu'était l'antisémitisme de Céline
car il est dans ses lettres proprement abject. Je vous passe les
détails, ne lisez ce livre qu'en connaissance de cause, comme
on cherche à comprendre la maladie d'un génie.
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| EM |
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| Les
Extraordinaires Aventures de Kavalier & Clay
de Michael Chambon |
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L'histoire de
deux cousins qui en pleine seconde guerre mondiale créent
un héros de comics, " l'artiste de l'évasion
", connaissent un succès retentissant puis les arnaques
et difficultés inhérentes à une création
originale. Cet excellent roman est d'une remarquable intensité
: il mélange avec intelligence différents niveaux
de narration. Kavalier, échappé de Tchécoslovaquie,
ne rêve que de faire sa venir sa famille aux Etats-Unis, Clay
lutte pour savoir ce qu'il est exactement. Le parallèle entre
leurs histoires et le destin de leur héros est une remarquable
mise en abîme du processus de création.
Tous les thèmes abordés le sont de façon convaincante
: on retrouve avec étonnement l'ambiance new-yorkaise des
premières années de guerre tandis qu'au loin se mettent
en place des politiques du pire, l'histoire des comics et de leurs
auteurs est splendidement rendu et l'on ne peux que s'incliner devant
l'auteur pour la maîtrise avec laquelle il parvient à
synthétiser le particulier et le contexte, l'individuel et
le collectif - en bref l'histoire et l'Histoire.
Il ne me reste plus qu'à remercier l'excellent ami qui m'a
offert ce livre et à vous conseiller sa lecture
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| EM |
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| Mélancolie
des Immortels
de Walter Jon Williams |
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Les Shaas sont
les fondateurs d'une civilisation basée sur une règle
fascistoïde, la Praxis. Conquérants et technologiquement
très avancés, les Shaas ont soumis plusieurs races
galactiques dont les humains, et ont formaté les cadres de
ces races en instituant une pairie et une aristocratie destinées
à assurer le contrôle social et la conservation de
la Praxis. Puis par désuvrement d'immortels, ils ont
commencé à mourir : le roman de Walter Jon Williams
commence au moment où le dernier des Shaas se décide
au suicide, entraînant avec lui dans la mort les représentants
de ses familles protégés.
Sur ce tableau, Walter Jon Williams brosse le portrait d'une société
complètement contrôlée par la Praxis, dans toute
la rigueur de son application mais aussi avec les doutes et les
flottements de ceux qui la subissent : bref, le portrait exact d'un
société où la loi fasciste ne rencontrant plus
d'opposition est devenu la règle commune, les liens de protection
et de services mutuels entre oligarques tenant lieu de contrat social.
Tout cela est mis en place par petites touches très réussies,
à travers les tribulations des deux héros de l'aventure,
dont l'arrivisme exploitant les règles sociales de la Praxis
est au fond complètement normal dans une telle société.
Quand le dernier Shaa meurt, l'impensable -au sens de la Praxis-
mais prévisible arrive : une race tente de prendre le contrôle
de l'empire et de le soumettre par la ruse et la force. Arc-boutés
sur les restes légalistes de la Praxis, les humains et les
autres races résistent . Les combats galactiques se succèdent
avec pour une fois une description très réaliste des
problèmes posés par les accélérations
et les décélérations des vaisseaux. Le premier
tome s'achève sur des revers et des victoires pour la coalition
fasciste, qui sont ici les gentils. Bizarre, non ? On espère
pourtant leur victoire. En tout cas, on attend le tome suivant avec
impatience !
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| PmM |
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| Les
Sirènes de Titan
de Kurt Vonnegut |
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Les Shaas sont
les fondateurs d'une civilisation basée sur une règle
fascistoïde, la Praxis. Conquérants et technologiquement
très avancés, les Shaas ont soumis plusieurs races
galactiques dont les humains, et ont formaté les cadres de
ces races en instituant une pairie et une aristocratie destinées
à assurer le contrôle social et la conservation de
la Praxis. Puis par désuvrement d'immortels, ils ont
commencé à mourir : le roman de Walter Jon Williams
commence au moment où le dernier des Shaas se décide
au suicide, entraînant avec lui dans la mort les représentants
de ses familles protégés.
Sur ce tableau, Walter Jon Williams brosse le portrait d'une société
complètement contrôlée par la Praxis, dans toute
la rigueur de son application mais aussi avec les doutes et les
flottements de ceux qui la subissent : bref, le portrait exact d'un
société où la loi fasciste ne rencontrant plus
d'opposition est devenu la règle commune, les liens de protection
et de services mutuels entre oligarques tenant lieu de contrat social.
Tout cela est mis en place par petites touches très réussies,
à travers les tribulations des deux héros de l'aventure,
dont l'arrivisme exploitant les règles sociales de la Praxis
est au fond complètement normal dans une telle société.
Quand le dernier Shaa meurt, l'impensable -au sens de la Praxis-
mais prévisible arrive : une race tente de prendre le contrôle
de l'empire et de le soumettre par la ruse et la force. Arc-boutés
sur les restes légalistes de la Praxis, les humains et les
autres races résistent . Les combats galactiques se succèdent
avec pour une fois une description très réaliste des
problèmes posés par les accélérations
et les décélérations des vaisseaux. Le premier
tome s'achève sur des revers et des victoires pour la coalition
fasciste, qui sont ici les gentils. Bizarre, non ? On espère
pourtant leur victoire. En tout cas, on attend le tome suivant avec
impatience !
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| AS |
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