| |
Tu vas voir,
je vais t'expliquer, c'est simple. Je me suis levée un matin,
très tôt, pour prendre le train. Je n'en pouvais plus,
j'étouffais, je vivais en prison depuis trop longtemps. J'ai
pris un café serré à la gare. Ça tournait
tout autour de moi et je sentais toutes ces présences comme
des courants d'air, des coups de vents rapides. J'ai traversé
ce tourbillon jusqu'au quai, j'ai longé le train jusqu'à
la voiture 12, je me suis assise à ma place. Je n'avais pas
l'impression que j'allais partir. Pourtant il ne me restait plus que
quelques minutes dans cette ville.
Le train s'est décroché du quai, et tout à défilé,
de plus en plus vite. Des images gravées, d'autres fixées,
des paroles dont je ne suis plus sur de me souvenir mais qui pèsent
tant, tout à tourné et ça défilait très
vite, en face, de l'autre côté de la vitre.
Je me suis plongée dans un petit vide, dans le noir, les yeux
clos.
Quand je me suis réveillée, nous étions à
mi-parcours.
|
| |
| MR |
|