La Honte du business-man Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
1-
" - Mon patron a voulu me violer un mardi de septembre, en fin de journée, à l'heure où les bureaux se vident, où les réunions de chefs s'éternisent, où les rumeurs naissent. Evidemment, je n'avais rien demandé. On croit toujours que ce genre de chose n'arrive qu'aux autres - à ces petites salopes qui allument toute la journée - et puis un jour, cela vous arrive, sans crier gare.
Hé ! Je vous vois avec votre regard de travers. Non ! Je ne l'avais pas aguiché, si c'est cela que vous insinuez. De toute façon, avec vous les hommes, c'est toujours de la faute des femmes. Et puis, à quoi bon essayer de me justifier, mon patron a voulu me violer, c'est déjà assez grave comme çà pour passer sous silence vos allusions perverses. Gros cochon !
Mon patron a voulu me violer alors que je venais de lui refuser un dîner avec lui, ce soir-là. Je venais de passer une journée horrible comme une assistante de direction peut en passer lorsque tous les ennuis s'accumulent : imprimante en vrac, fax baveux, le correcteur d'orthographe bloqué sur la langue anglaise, un virus ralentissant la messagerie, et ce foutu rapport qui n'avançait pas. Une note de dix pages seulement, qu'il m'a fallu reprendre une dizaine de fois tellement son esprit était confus. Je n'imaginais pas qu'il tissait alors son projet de me violer.
Pour tout vous dire, je portais ce jour-là, un tailleur gris anthracite, dont la jupe n'était pas si courte. Le haut était peut-être un peu trop ouvert mais tout à fait acceptable pour la saison. Il faut dire qu'il faisait chaud dans mon bureau sans la climatisation, réservée au cadre. A croire qu'ils avaient fait exprès de mettre les bureaux des assistantes sans clim, pour que celles-ci se dénudent au gré des fortes chaleurs estivales. Pour le reste, je ne pense pas être considérée comme une moche, ni comme une miss France, mais suffisamment pour plaire à un patron après 12 heures de travail et 20 ans de misère sexuelle.
A 20h, j'en étais encore à la nième version de la note de synthèse. Armée des dernières corrections, je rentrais dans son bureau sans frapper, pour y accoler sa signature. Quand j'ai ouvert la porte, il m'attendait à un mètre et me sauta dessus comme un moustique sur une peau blanche. Il m'a embrassé très fort en projetant mon corps sur la porte pour la refermer. Il n'y avait rien de viril dans son geste, plutôt l'impression qu'un énorme pachyderme venait de s'écrouler de tout son long sur une pauvre assistante exténuée.
Je me suis débattue sans crier, en lui demandant de s'arrêter. J'ai beaucoup de respect pour l'autorité et je ne pouvais pas me permettre de crier sur un supérieur hiérarchique. Alors, Il m'a dit qu'il m'aimait en faisant tomber son pantalon. Cà en était tellement ridicule que j'ai failli éclater de rire. Puis, il a continué dans le ridicule en me plantant sa queue entre les jambes et en se frottant à moi comme un chien en chaleur. Le pire fut atteint quand il tenta de me mordiller mes oreilles en chuchotant des mots obscènes pour, je pense, m'exciter. Cela provoqua l'effet inverse, j'étais tétanisé. Mes paroles ne sortaient plus sinon elles eussent été accompagnées d'un rire moqueur et sans doute vexatoire. Face à mon chef, je ne pouvais me permettre un tel écart. J'aimais trop mon job !
Mon patron a voulu me violer un mardi de septembre. Je dis bien " a voulu ", car il n'y est pas arrivé ! Son va et vient de caniche se termina rapidement dans une apothéose grotesque, me tachant mes collants, ma culotte et mon tailleur de son sperme insignifiant.
Quand il reprit ses esprits, c'est-à-dire juste après l'éjaculation, il s'écroula à terre, honteux, pitoyable. Et comme un gamin après une grosse bêtise, il se mit à pleurer sur mon tailleur à côté de ses gouttelettes de spermes mal ordonnées.
Par pitié, j'ai caressé doucement les cheveux de mon patron tandis qu'il sortait un mouchoir pour essuyer l'outrage qu'il venait de me faire.
A ce moment, je compris que ma vie au travail changerait. "
 
 
2-

" - Ma femme m'a dit qu'elle cherchait à se faire sauter par un autre homme que moi, un homme plus jeune, la trentaine par exemple, qui serait encore apte à tenir une érection.
Ma femme m'a jeté ces phrases à la figure juste après le petit déjeuner, un mardi matin de septembre, après le départ d'Hubert, notre dernier fils. Il était 9h du matin, j'étais extrêmement en retard. Elle avalait tranquillement sa dernière tartine de miel quand je l'ai surprise à me regarder fixement, à me jauger de bas en haut. J'ai cru d'abord à une tâche sur le veston ou à un mauvais choix de cravate, chose habituelle dans notre petit train-train de couple sans problème, mais non, il y avait bel et bien autre chose. Son regard intense, puis vicieux se fixa sur la braguette de mon pantalon.
J'ai senti qu'elle n'était plus elle-même lorsqu'elle s'est levée avec un déhanchement érotique pour venir s'asseoir à califourchon sur moi.
- Qu'est-ce qui te prend, Madeleine ? Lui lançai-je. Je dois y aller, j'ai du travail.
- Tu n'as pas toujours dit cela ! Allez, montre-moi que tu sais te dresser comme avant. Allez, mon petit canard !
Je ne la reconnaissais plus. Etait-ce ma femme qui se prenait pour une star du porno dans ma cuisine un matin de semaine, au milieu du mois de septembre ? Oui, sans doute ! Sa main frottait vigoureusement mon sexe amorphe qui ne pouvait répondre. Elle m'avait pris au dépourvu et je n'arrivais toujours pas à m'en remettre. Ma femme, qui ne me touchait plus depuis des mois, se réveillait enfin avec l'ardeur d'une hardeuse. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ! Au dessus de moi, elle frottait son clitoris sur la braguette de mon pantalon avec une étonnante dextérité. Moi, je ne réagissais pas, plus.
Incompréhensible ! Mon sexe, pourtant aguerri au dressage devant de telles scènes, ne voulait plus en jouer. Je devenais tout rouge et tentais de retrouver ma concentration. Je respirais profondément alors qu'elle continuait sa frénétique chevauchée en solitaire. Mais ses petits cris, ses griffures intempestives, au lieu de m'exciter, me navraient. Je n'éprouvais aucun plaisir à voir ma femme, dans cette posture, même si quelques années avant, je le confesse, j'aurais été le plus heureux des hommes de la voir dans de si bonnes dispositions. Cela faisait remonter le passé, mais mon présent restait bien gris.
Pour une fois, c'était l'homme qui ne désirait pas la femme et non l'éternel cliché inverse. J'étais tout de même un peu gêné de la voir ainsi se démener pour faire renaître une flamme disparue. Son énergie était à la fois belle et ridicule. Ma réaction plate et honteuse.
Elle fut enfin parcourue par un orgasme salvateur pour mon corps qui n'attendait qu'une chose, que ce supplice s'arrête. La position était très inconfortable sur la chaise de la cuisine non rembourrée.
Après une bonne minute de râle où elle resta étendue sur moi à respirer fortement, elle se releva et dit :
- Tu aurais pu mettre un peu du tien. Je ne te fais plus d'effet, c'est çà ?
- Pas du tout, mais là, maintenant, je n'en avais pas envie, c'est tout. Ca peut arriver, non ?
- Tu peux dire ce que tu veux. Moi, je sais bien que tu ne bandes plus depuis tes 45 ans et tu te le caches à toi-même. De toute façon, ne t'inquiète pas pour moi, je vais me trouver un autre homme pour me faire sauter.
A ces mots, elle a quitté la cuisine et j'ai pris la porte. Qu'avais-je à rajouter ?

 
 
3-
Ma secrétaire doit me prendre pour un fou a lier.
Elle me regarde avec beaucoup de pitié.
Elle me caresse les cheveux.
Je bande encore un peu !
Je suis le plus heureux !
 
 
OBT
Oh Oui ! vos réactions Ah Non !
Voir les autres textes de cet auteur - Envoyer ce texte à un ami
KaFkaïens Magazine - Tous droits réservés